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le ouèbe résolument 7.0

Pop Hits, le hit parade chanté, c'est 10 ans, 54 albums vinyl (et quelques musicassettes), 634 reprises de chansons et quelques inédites, les pochettes les plus cheesecake de la galaxie, la qualité française aux éditions Musidisc International, une quintessence musicale orchestrée, dirigée et digérée par le Ray Coniff hexagonal, Monsieur Mario Cavallero en personne : c'est Pop Hits, le hit parade chanté.
Hmmm !!!

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This web site is dedicated to a french series of cover compilations of "hits" during the 70's : Pop Hits, le Hit parade chanté. Songs of the moment (the best and the worst ones) were badly covered by Mario Cavallero, his orchestra and his singers. The seasonal productions were magnificaly packed into cheesecake covers. In fact, the main (only ?) interest of this site. Check out in priority our Des pochettes section to watch and enjoy this artwork, climax of the french touch.

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8 décembre 2006 5 08 /12 /décembre /2006 18:22
J'ai encore rêvé d'elle

J'ai encore rêvé d'elle
C'est bête, elle n'a rien fait pour ça.
Elle n'est pas vraiment belle,
C'est mieux, elle est faite pour moi.
Toute en douceur,
Juste pour mon coeur.

Je l'ai rêvée si fort
Que les draps s'en souviennent.
Je dormais dans son corps,
Bercé par ses "Je t'aime".

Si je pouvais me réveiller à ses côtés
Si je savais où la trouver
Donnez-moi l'espoir
Prêtez-moi un soir
Une nuit, juste, pour elle et moi
Et demain matin, elle s'en ira

J'ai encore rêvé d'elle
Je rêve aussi
Je n'ai rien fait pour ça
J'ai mal dormi
Elle n'est pas vraiment belle
J'ai un peu froid
Elle est faite pour moi
Réveille-toi.

Toute en douceur
Juste pour mon coeur
Si je pouvais me réveiller à ses côtés
Ouvre tes yeux, tu ne dors pas
Si je savais où la trouver
Regarde-moi
Donnez-moi l'espoir
Je suis à toi
Prêtez-moi un soir
Je t'aime
Une nuit, juste pour elle et moi
Et demain

Enfin je vais me réveiller
Je t'attendais, regarde-moi
À ses côtés, c'est sûr je vais la retrouver
Ouvre tes bras
Donnez-moi un soir
Je suis à toi
Laissez-moi y croire

Une vie juste pour toi et moi
Et demain matin, tu seras là.


Haa, Joëlle... Si Sheila était la fille des Français, Joëlle Mogensen, suave beugleuse du groupe proto-pompidolien Il était une fois, en était la fiancée.

Lead singer charmeuse d'un des rares groupes pop à l'anglaise de la France des 70's, Joëlle ensorcelait les imaginaires de toutes les générations et de tous les sexes, ce qui n'est pas peu dire si on a l'esprit un tantinet agile.

Icône populaire, blonde filasse mignonne et imparfaite où il faut comme il faut pour être suffisamment accessible pour les jeunes femmes qui s'y croyaient et les hommes itou mais plus quand même, Joëlle aurait pu poser pour les pochettes de Pop Hits, le hit parade chanté, et certaines de ses tenues d'époque 100% bennyhilliennes sieyaient autant que ses poses à l'esprit de la grande collection. Pull au ras du moteur, bottes glitter, corsage bouffant translucide lavé avec Coral qui garde tous les textiles modernes plus frais plus propres, short tellement moulant qu'elle pouvait le garder chez le gynéco sans qu'il n'en rate une miette au cas où la Jojo aurait fait des choses croquignolettes avec son parisien-cornichon, j'arrête là sinon ça va syncoper dans le public. La panoplie complète quoi.

Michel Laguens a du être jaloux de ne pas l'avoir fait poser. On retrouve d'ailleurs chez un des mannequins fétiches du grand illustrateur de galettes cheese-cake une troublante ressemblance, sosie dont le nom nous échappe et ce n'est pas faute d'avoir fouiller tous les bacs poussiereux des Trocs de l'île et cartons de disques à 1 € de France et de Bavière et racheter les stocks de compilations à la tonne dans un but historiographique dont personne ne doute mais alors là personne dans le but unique de voir apparaître enfin acollé au crédit du photographe le nom de la blonde, au cas où.

Mais trève de glose sur la plastique mogensennique et de ses clones, c'est une autre histoire, nous y reviendrons incessamment. D'ici-là, il serait temps de s'attaquer au plat de resistance, à la musique et aux paroles de J'ai encore rêvé d'elle, parce que tout le monde attend impatiemment qu'on rende hommage à ce monument que Mario Cavallero a lui-même honoré dans son tome XXI (ça jette quand même plus qu'opus 21) de Pop Hits, le hit parade chanté par Mister Mario Cavallero himself, enfin pas que parce qu'il se trimballe toujours son orchestre et ses chanteurs, dont Lili Montès avec qui Mario l'a poussée. La chansonnette. Vous suivez ? Bon d'accord, on y va :

Ayayay la vie de ma mère ces paroles ! Torrides et pourtant cérébrales, le lacanisme en bandoulière et la lessive dans le sac à dos, elles portent la sexualité au paroxysme de la normalité, du banalissime, du quotidien puissance 7, comme une plongée dans l'hyperréalisme de la vie sentimentale au pays des pattes d'eph et des chemises en lycra. Cyniques ou sincères,
elles accrochent et dérangent parce qu'elles sont crédibles dans leur médiocrité et leur possibilité. Notre héros qui conte ses émois à la première personne a "encore rêvé d'elle / C'est bête, elle n'a rien fait pour ça". Bel aveu de la simplicité de l'amour naissant qui se passe d'éclairs tonitruants et de regards pénétrants au travers les foules de halls d'aérogares pour se concentrer sur l'imparable, le basique, les fondamentaux aurait dit Charles Bietry : l'étrange et pénétrant, quasi proustien, l'onirique moite et incontrôlable, le transgressif des barrières raisonnables par-delà le sommeil paradoxal et ses déroutements de la conscience maîtrisée vers les chemins tortueux de l'activité corticale délivrée des schèmes sociaux et enfin pilotée par une paire venue du fond des braies : bref, le fantasme refoulé.

Les coucougnettes ont pris le pouvoir, et on n'aurait pu croire qu'elle fut si désirable, presque comme si elle faisait même tout le contraire pour qu'il ne songe jamais à elle. Mais paf ! c'est rapé. En plus, la nature ne l'a pas gâtée,  "
Elle n'est pas vraiment belle" quoique ça arrange le mec puisque "C'est mieux, elle est faite pour [lui]". On semble nager en plein romantisme, elle est "Toute en douceur / Juste pour [son] coeur" mais on baigne dans le rousseauisme le plus pur, que même Lévi-Strauss il n'en a pas trouvé des comme ça chez ses Papous et autres Zoulous alors que c'était là, sous notre nez, Brel le savait bien lui. C'est puissant comme la force des sociétés paysannes où femelles et mâles s'acceptaient comme ils étaient, simplement, sans chichis. On se mariait puis on s'aimait. C'était simple, c'était comme ça. Et vas-y que je te repeuple la France.

Mais le giscardisme faisait à peine oublier le pompidolisme que la modernité de cette société des R 16 et des chaînes hi-fi bouleversait le mol ordonnancement du pré-coïtus. Sont-ce les trépidations du premier choc pétrolier ou bien l'effondrement des Lip, les dos nus de Mireille Darc ou les crânes
d'oeuf de notre duo de l'exécutif, toujours est-il que Serge Koolen, fugace musicien d'accompagnement de Polnareff avant de se faire lourder par le blondinet lunetté entré en dépression après une tournée délirante mais musicalement exécrable en 1970 puis de Dick Rivers après la fermeture de sa boîte à tubes, pathétique parolier et chanteur de J'ai encore rêvé d'elle, compagnon à la ville comme à la scène de Joëlle pendant 9 ans, et qui chaussait du 41 mais un peu large, Serge truc donc pose le semi-quatrain qui bouleversa une génération de post-pubères en cols pelle-à-tarte : " Je l'ai rêvée si fort / Que les draps s'en souviennent" vite suivi d'un "Je dormais dans son corps". Doux Jésus, Sainte Branlette, que se passe-t-il donc ? Le service en 140x220 offert par tantine Huguette, celui avec les rhododendrons oranges et violets, celui-là même qu'elle lui commanda aux Aubaines pour son emménagement à Limoges où il allait passer sa capacité de droit reclus dans un garni du quartier Saint-Guy-Lux, zouip splash ! en un coup de cuillère à pot, le voici de sa semence maculé par l'influence d'une réminiscence nocturne.

La France a peur. Elle se réveille engluée du bassin dans une toile imprimée 73% polyamide, 27% polyester. RTL crache l'horreur évadée des turpitudes noctambules. Quand le grand Rochefort rêvait de la fille en rouge à travers les translucides cloisons d'un open-space du 17e étage, Il était une fois la médiocrité faisait éjaculer en mi, sol et ré. Pourtant, nulle censure mais l'encensoir pour la bluette beuglée par la belette et ses blaireaux. Des ondes jaillirent le canon qui scisaille les tympans à coups de
"Siii-je-pou-vaiiis-me-ré-ve-illeeer" exécutés au falsetto mécanique masculin et autres répons "Ou-vre-tes-yeux, -tu-ne-dors-paaaa-ahahaas" exterminés à la chignole électrique féminine. L'air est inexpulsable une fois qu'il s'est frayé un passage au travers les pavillons auriculaires jusqu'au cerveau le plus reptilien qui la fait ensuite virevolter tel un Derviche collant par la force centrifuge aux parois de nos crânes d'homo sapiens sagrince.

Ce que cela a pu emballer sur cette ballade un million de fois vendue ! Combien furent humectés d'yeux, de lèvres et tutti frutti ! Les idoles glamour de la France de ce printemps 75 vont gonfler autant les esthètes germanopratins que les statistiques de la natalité de 76. Bien des années après,
cet antagonisme amoureux porté en chansonnette déchirante interroge les tréfonds de notre société. Les Frères Taloche ont tenté médiocrement d'expliquer la gestuelle cachée derrière. Aujourd'hui, après les reprises merveilleuses de Peter & Sloane, de la Star Ac' ou de Pierpoljak, des milliers de karaokés et playbacks font compisser la jeunesse française du XXIe siècle, preuve étant du caractère intemporel de la création musicale hexagonale du mitan des 70's, et des textes surtout, nondudjuu, des textes !, n'en déplaise à certains esprits chaffouins et autres modernistes à tout crin.

Du couple si commun mais si bandant, Joëlle donc tira la couverture à elle, quand elle ne la rejeta pas devant quelques lentilles nikoniennes.
Quelques années avant sa mort tragique par  un oedème pulmonaire dont on se gardera bien d'expliquer la cause par une quelconque over-dose d'héroïne nullement démontrée et sans fondement éthique, Joëlle fit dans une revue de droit médical un cours de violoncelle peu baweuresque mais peut-être plus efficace en fin de compte. Je ne sais pas, je préfère le triangle.

Difficile pourtant de ne pas douter des compétences musicales de la Jojo dont il fallut recalibrer la vitesse de défilement de l'enregistrement de sa voix sur J'ai encore rêvé d'elle pour qu'elle nous éreinte l'ouïe le plus justement possible à moins d'un demi-ton pour que ça ne s'entende pas trop. Alors de là à recevoir des leçons de corde par une fille sans string, laissez-moi m'étrangler, non en fait ne me laissez pas.

Décidément, difficile d'éviter toute souillure séminale du linge de maison en contant Il était une fois.

Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.




 .
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Published by Mario Cavallero Jr - dans Pop Hits - le hit parade chanté
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26 novembre 2006 7 26 /11 /novembre /2006 22:23
Deluxe edition :
Billet original de 2006 édité dans son jus d'époque et massivement complété avec de la vraie musique en dedans (dont la version Pop Hits !), des nouvelles pochettes (dont plein de pastiches de Whipped cream) et toutes les images plus grandes et plus belles, le tout édité le 14 juillet 2010.

Bonus Extra :
Plein de versions de Love to love you baby dans l'épisode 04 de notre série de l'été 2010 Disco Machine guns


PopHits-HitParadeChante-24.jpgLove to love you baby

I love to love you baby...

When you're laying so close to me
there's no place I'd rather you be
than with me here

I love to love you baby...

Do it to me again and again
you put me in such an awful spin
in a spin

I love to love you baby...

Lay your head down real close to me
soothe my mind and set me free
set me free

I love to love you baby...

When you're laying so close to me
there's no place I'd rather you be
than with me here

I love to love you baby...

Do it to me again and again
you put me in such an awful spin
in a spin

I love to love you baby...

I love to love you baby...

I love to love you baby...

Love to love you baby baby...

I love to love you baby...

When you're laying so close to me
there's no place I'd rather you be
than with me here

I love to love you baby...

popHits14-lovetofrontDo it to me again and again
you put me in such an awful spin
in a spin

I love to love you baby

Lay your head down so close to
soothe my mind and set me free
set me free

I love to love you baby

When you're laying so close to me
there's no place I'd rather you be
than with me here

I love to love you baby
 
PopHits14-lovetoback
Bon, comme ça, à juste lire les paroles, même si la pochette affriole, c'est beaucoup moins chaud que la version gigotée par Donna Summer en 75 : 
 

 
Et encore ! Vous n'avez probablement pas entendu la version cavalleresque hahannée par Lili Montès, fidèle d'entre les fidèles du grand orchestre de Mario C. :

Rrrrrrrrrrrr !!!

PopHits14-donna summer plumage stdOn dit de ce morceau (l'original de Summer, pas la version pophiette, voyons) que c'est un classique des classiques. Or, si c'était un classique, on parlerait donc de...  de ??? de musique classique bon sang ! Comment conter alors l'histoire de ce tube disco dans un univers classique ? Ce serait ridicule. Bon, si on essaye quand même, ça donne à peu près ça (avec l'aimable autorisation de notre collaborateur DJ Cyberdog qui hébergea cette navrante  storiette naguère) :
 
Giorgio Moroder était KapelMeister dans les faubourgs de Munich, près d'un fort de mousquetaires venus du nouveau monde. L'une des donzelles d'un spadassin, venue le rejoindre dans les contrées germaines, le quitta pour un repriseur de hallebardes teuton (en fait autrichien mais il avait quand même un sale accent boche), du nom de Helmut Sommer, ça ne s'invente pas.
 
Herr KapelMeister remarqua la jeune épouse dans une vèpre un peu chaude consacrée à la capilarité  ébouriffante et très en vogue à l'époque où LaDonna (car tel était son nom de baptême) officiait dans la langue de l'inspecteur Derrick au sein d'un choeur des vierges supportant avec force démonstrations aérienne du sacrum un castrat pathétique qui louait die Caaaaliiiifoooorniiiiieeee. Giorgio, flanqué de son bedaud Pete Belotte (ça ne s'invente pas), proposa à la jeune pécheresse (elle venait de quitter Helmut, va savoir pourquoi) d'intégrer sa maîtrise personnelle, en tout bien tout honneur bien entendu (bien entendu).
Après lui avoir composé quelques partita, Giorgio lui écrivit un motet rien que pour elle, en hommage à la dévotion pour Dieu (Love to love you baby), et en fit une version réarrangée pour les longues messes d'hiver sous le nom de club-mix* pour une durée de 17 minutes, peu communes à l'époque et maintenant aussi.

Toutes les salons d'Europe s'arrachèrent cet ensemble musical.
* On ne confondra pas avec le club-pâté-mayo, inventé après et plutôt entre les Ardennes et Marquette-lez-Lille.
ltlyb_live_small.jpg

En fait, cette histoire racontée ainsi n'est pas ridicule, non non. Elle est franchement débile (pas l'histoire, authentique, elle, mais cette transposition moyen-âgeuse (nous avons fait ça uniquement parce que nous avons un co-financement du ministère de la Culture)).

Et puis mieux vaut se répandre ailleurs pour déguster ce morceau diversement.


PopHits-HitParadeChante-24.jpgDe toute façon, là n'est pas l'objet de la chronique de ce jour, consacrée certes à la lascivité, ce dont LaDonna était fort bien pourvue, mais aussi à la crème (le thème du billet, suivez noudoudjou !).
Or, de crème, il n'y a que pouic chez  Donna (les paroles et images le prouvent ci-dessus), et à peine un chouia de crème sur la pochette de ce n°24 de Pop Hits, le hit parade chanté. (pour vérifier, la revoici ci-contre, la pochette 24).
Et de lascivité, si Summer en abusa (ah ça !), que nenni pour notre affaire pophiette opus 24, tant dans l'interprétation de serveuse de fromage à la coupe au Mammouth de Vierzon-sud de Lili Montès, égérie de chez Damart avant d'être débauchée par Mario pour michèletorriser, que dans la photo d'illustration de cet épisode Pop Hits 24 commise par PAF International (non, il ne s'agit nullement d'une variation comico-graveleuse sur le nom du studio photographique PAF International, mais l'authentique référence de la prise de vue pour cette pochette du Pop Hits 24. Et d'une dizaine d'autres d'ailleurs. On croit rêver...).
Pis, aucune pochette de la série Pop Hits ne fut aussi non sexy que ce 24e volume. Limite scandaleux ! Pourtant, il y en eu des mimis des couvertures, voire des particulièrement chaudasses. Z'avez qu'à consulter notre rubrique les pochettes !!! là-haut à gauche, allez-y tout seul, j'ai peur de vous saouler par trop de balades hypertextuelles.

Mais là non. Habillée comme un automne de chez Pantashop, le mannequin qui s'appelait sûrement Jacqueline ou Marie-Sylviane suçotte vaguement un peu de crème fouettée derrière ses belles dents blanches croquinant à peine son speculoos prête à le recracher de peur qu'il ne fut parfumé au glaire de chameau.
C'est pas Michel Laguens qui se serait permis une telle assexurie picturale, lui qui nous propose plutôt par exemple ça, pour une compile de 74 :


laguens20.jpg
Déchiros non ?
Rhalala, on en connait pourtant des manières de fouetter la crème sur des pochettes de disque sexys.
Bon OK, c'est un peu tiré par les cheveux, mais nous y voici ! (quel détour spécieux pour en arriver là, pathétique...), par la grâce d' Albert-derrière-qui-l'herbe-ne-repousse-pas et son soutif tyrannique (Herb Alpert and his Tijuana Brass en VO non sous-titrée), méga vendeur devant l'Éternel (pas plus fort que les Beatles quand même mais il a été le seul à coller 5 albums en même temps dans le top 20) et pourtant conchié par les snobs pour la facilité avec laquelle il bossanove et rumbise.
Certes, Herb Alpert a été davantage gaussé pour sa musique, que certains croient produite par Otis (pas Redding, les ascenseurs), que pour la très appréciée et léonardienne pochette de son album le plus vendu à travers le monde, Whipped cream & other delights, dont d'autres ont déjà causé suffisamment bien pour qu'on en rajoute pas.
La pochette ? Quelle pochette ? Eh b'en celle-ci :

PopHits14-whipped-cream.jpg


Aïe aïe aïe la vie de ma mère ! comme aurait dit futur bébé Erickson s'il avait pu parler à l'époque au travers la couche de crème qui le recouvrait, sans parler du placenta de sa mômon Dolorès qui posait pour Herb sous la pudique et blanchâtre lacture battue masquant son 3e mois de gestation.
 

PopHits14-dolores-erickson-natkingcoleQu.. Qu.. Quoi ?! Toute cette crème pour cacher une grossesse naissante ? Monnnnnnœil ! éructent en chœur 15 millions d'internautes (chiffre médiascopie de fréquantation de ce site à partir de cette image) découvrant la véritable raison de cet épandage de semence bovine sur derme humanoïde à tendance brunette à forte poitrine et charme fou.
Ca, du charme, Dolorès Erickson en possèdait plus qu'il n'en faut, faisant de ses formes son fond de commerce devant les objectifs de photographes pour disques de musique chaude et les Steadycam de réalisateurs de soap indigestes.
Cette copine de Marlon Brando et des Everly Brothers qu'elle cotoyait dans les cours de comédie qu'elle fréquentait pour essayer d'améliorer ses performances dans les séries télé de seconde zone où elle minaudait, était aussi une proche d'Ole Blue Eye (le grand Frank, rien que ça !) qui lui présenta l'un de ses cousins avec qui elle sortit et Nat King Cole, avec qui elle ne sortit pas ou alors on ne me l'a pas dit mais pour qui elle posa avec quelques unes de ses copines modèles de l'époque pour un portoflio dans l'album Wild is love, à ne pas confondre avec le 45 tours du même nom. Cole chanta d'ailleurs au mariage de Dolorès, la classe Mc Fly !

17 couvertures suivantes (dont Piano Witchcraft de Cy Coleman ou The touch of your lips de Nat king Cole là au dessus) ne laissèrent plus douter : Dolorès est l'homme de la situation (et quand je dis l'homme, j'embrasse aussi les femmes).

PopHits14-dolores-erickson-cycoleman-pianowitchcraft
PopHits14-TheSandpipers-Guantanamera
Jerry Moss, le cofondateur d'A&M, maison de disque d'Herb Alpert, et Herb Alpert, trompettiste de charme et de dynamite et cofondateur d'A&M, la maison de disques d'Herb Alpert, étaient aussi des potes de Dolorès depuis un enregistrement en 1962 dans le garage d'Herb (aucun jeu de mot). Dolorès qui décidément connaissait du beau monde, les mit en lien avec le photographe Jerry Whorf, déjà responsable du cliché du touché de lèvres natkingcolien ci-dessus.

PopHits14-Dolores-shot-couleurAlpert & Moss décidèrent de la faire poser en Joconde à la normande 45% MG pour la nouvelle galette d'Herb (aucun jeu de mot non plus) sous l'œil de Jerry donc, qui leur avait proposé l'idée depuis 3 ans mais qui avait eu du mal à les convaincre (surtout Dolorès, faut comprendre).
Pour $ 1,500 (en fait 1 500 dollars, mais ça s'écrit comme ça en américain), Dolorès quitta provisoirement les podiums et magazines de New York pour un studio losangelessois, où, après l'avoir délicatement couverte d'un drap, Jerry, qui était aussi connu pour avoir de la réserve, l'aspergea de 75 livres d'Elle & Vire épaisse légèrement battue (en fait, il utilisa de la mousse à raser, sauf pour la touche frontale). Il souhaitait donner une touche genre "Belle des champs sur guacamole" à la Manet tex-mex, fond vert moiré que le ouèbe a du mal à rendre autrement que glauque fluo, une sorte de crème de pistache atomique.
Les 90 jours de pré-maternité méritaient d'être masqués (quoique), mais pas la beauté de celle qu'on comparait alors à Audrey Hepburn (pour la candeur) ou Sophia Loren (pour... pour... enfin bon pour tout le reste).

L'effet fut dythirambique et difficilement imitable lors du 40e anniversaire de l'album pour lequel fut éditée une compile de remixes moyennenment convaincante, de la fade pochette aussi sexy qu'une glace au boudin (Bloody Sundae en anglais) si peu respectueuse de l'effet Whorfo-Ericksonnien de 1965 jusqu'aux musiques, pas mal mais sans plus. 


PopHits14-rewhipped-fulllarge

 
En bref : pas mauvais, mais pas le délire.

Rewhipped

Alors donc : la pochette !
Bon, d'abord, vu qu'elle emballait à mort (un disque en l'occurrence), cette pochette rapporta un tas de blé à Herb (toujours pas de jeu de mot), déjà que ça marchait bien pour lui, merci. Il se fait depuis lors les castagnettes en or avec cet album, pourtant pas le meilleur (mais pas mal quand même).
Dolorès, quant à elle, n'en profita pas outre mesure et ne se fit rien en or, bien que vivant très bien. Ses lustres suivants furent bien remplis par son mannequinnat à NYC au service de la mode sur pratiquables ou en quadrichromie. Au mitan des 70's, à peu près à la période où Pop Hits 24 sortait, Dolorès quitta le métier, se maria vaguement avec un connard et se mit à peindre des croûtes. Elle est quand même très sympa et répond gentiment et positivement aux sollicitations des journalistes et photographes, particulièrement depuis 2002.
Quant à Herb Alpert, il a continué de truster les premières places des hits parades dans les années 60 mais la suite fut davantage consacrée à des galas à Las Vegas et à la cogestion de son label A&M avec Jerry, dont on aurait tort de voir son homme de paille en Herb (là ça y est, vous pouvez rire).

PopHits14-whipped-cream-bikiniL'album Whipped cream... fut pourtant, à cause de sa pochette, un choc culturel que Warhol aurait pu théoriser dans sa théorie de la répétition comme transcendante d'une nouvelle beauté subjectivée par la multiplication presque identique.
...  
...
Brmpf....
Bon, d'accord, faisons simple, on est quand même sur le ouèbe : ce ne sont pas seulement les 6 millions de couvertures de l'album écoulées qui transfigurent et mythifient la pochette, mais les pastiches qui en furent faits.

Les artistes et les publicitaires les plus bidons purent se faire un peu de gras en réutilisant pertinemment le succès d'Alpert et de sa Mona Lisa crèmeuse, comme par exemple le discoïde Sweet Cream qui sortit en 1978 un album éponyme comme on écrit (parce que ça ne se dit pas, meuuuuh non) :
 

PopHits14-sweet_cream.jpg

 
Certes, le photographe a essayé de faire dans le sexy (le modèle est joli) et dans la provoc (le modèle est noir) mais la pose un tantinet scolaire est gâchée par l'aspect plâtreux de la crème. On dirait du Gaviscon® vomi par mon chien (par Bosco, Itou, le vieux qu'est mort) et assemblé frénétiquement à coups de fourchette par un Richard Dreyfus en quête de rencontre zarbi.

Dès 1966, les mamies de Frivolous Five avaient revisité avec beaucoup d'humour la mythique pochette de l'album latino jazz pour beugler des scies du patrimoine de la variété étatsunienne :


PopHits14-Frivolous5
La médiocrité des chansons est heureusement oubliée par l'audace du pastiche et la qualité artistique de la réalisation, couleurs, pose, lettrage, onctuosité de la crème, la totale.
D'autres artistes avaient moins de moyens pour s'acheter assez de crème ou louer les talents d'un graphiste, et se rattrappèrent sur l'humour gastronomique :


PopHits14-wildmansteve.jpg
Ha ha ha sacré Steve !

Bon, ne nous égarons pas, et revenons aux vrais pastiches de Whipped cream... Troublante est la proposition du groupe grunge FM Soul Asylum en 1988 qui venait de signer ça chez A&M :
 

PopHits14-SoulAsylum
Outre la composition graphique de grande qualité, l'effet décalé de la pose masculine est démultiplié par l'aspect peu ragoûtant de la sauce qui, comme le rappelle le titre, est une mayonnaise pour fruits de mer dont les odeurs firent flancher le cœur du bassiste de Soul Asylum Karl Mueller pendant la séance (flancher le cœur, c'est que nous utilisons dans notre jargon technique à la place de déborder l'estomac, gicler des intestins, geysérer des boyaux, dégobiller du bide, enfin bon vous voyez).
Pour la musique, l'effet est également peu ragoûtant.
Très bonne idée également pour ce pastiche qui emballe par ailleurs une très très bonne compile de tubes de seconde zone que l'équipe du site Pop Hits fait tourner régulièrement dans son iTunes. L'idée, nonobstant l'adaptation du lettrage et de la couleur un peu faiblarde, est magnifiée par un jeu de mots de première bourre. On en mastiquerait bien un bout :

PopHits14-righttochews.jpg

Dans le genre compile, des titres surf ou censés l'être (en fait du west coast assez inégal) ont été médiocrement repris et hideusement emballés en 99 dans une pochette puisée dans l'univers d'Herb Alpert, et pour cause : celui-ci étant repris deux fois dans cet assemblage très dispensable :

PopHits14-surfinsenorita.gif
Tant qu'à faire dans le mauvais goût, mieux vaut se tourner vers les collages post-modernes imbitables de Jabberwocky qui offrent leur musique gratos, c'est le moins qu'ils puissent faire :

PopHits14-Jabberwocky-EatShitAndDie.jpg
D'autres variations sur la pochettes furent davantage dans l'esprit graphique verdâtre au lettrage simili art-nouveau à la sauce space pop, comme ce que proposèrent Pete Nero en un hommage trompetté très vulgairement à Herb Alpert :

PopHits14-Pete-Nero-500.jpg

Ou pire encore (musicalement parlant) par une chiée de tubes populaires passés au sanibroyeur Hammond de Bob Ralston :

BobRalston-8track
On ne sait que penser de cette folledingo de Cherry Capri, dont une vidéo hilarante laisse à penser que le grand Richard Cheese a des émules.

PopHits14-Cherry-Capri-copie-1.jpg
Bel hommage également à l'esprit et au graphisme pour cet ensemble ricain qui ne manque pas d'humour, à défaut de talent assez moyen pour la molle bouillie qu'ils font du hit album concept nazi Carmina Burana, pépite que les fans d'EBM et de Numetal se repaissent pour l'intro de 98% de leurs concerts préférés:

PopHits14-BuranaBrass.jpg
Reprise du titre et du graphisme de l'album par le combo power pop des 90's très pertinemment oublié Cone of silence :

PopHits14-coneofsilence2
Moins bien maquetté mais encore plus explicite quant à l'hommage (pour le nom seulement), les suédeux shoegazeux pas dégueu de Whipped cream avait commis un album éponyme en 91 :

PopHits14-Whippedcream-theband
On s'éloigne graphiquement de cette seule pochette de Whipped cream pour le lettrage caractéristique d'Herb Alpert, repris dans la pochette pour la folk pop très passable de 2010 d'AM, le genre ni fait ni à faire :

PopHits14-AM.jpg
Dès les années 60, cela inspira d'autres ensembles d'easy listening, comme ces obscurs frères Ohman et leur album introuvable de 1967 :
PopHits14-Ohman-Bros
Mais finalement, c'est le pastiche de 1967 qui est plus trash, par le "rigolo" Pat Cooper. Son comique communautaire italo-américain politiquement très incorrect étant une sorte de mélange de qualité aléatoire mais jubilatoire entre Michaël Youn, Guy Bedos et Dieudonné, le terme rigolo est davantage une qualificatif professionnel objectif qu'un épithète zygomatyque qui ne souffrirait aucun conteste, bien que nonobstant notre difficulté à réellement tout comprendre, l'équipe de Pop Hits se fonde sur une étude exhaustive des 1 660 000 occurences googlesques sur l'asticot qui nous font compisser nos braies pour reprendre un vocabulaire batracien, notamment lorsqu'on l'entend beugler "I'M NOT YELLING ! I'M ITALIAN !" ou "I thought the Sopranos was an opera".
Cooper a dégainé dans les années 60 le subtilement dégueulasse et sublimement pissogène Spaghetti sauce & other delights :


PopHits14-PatCooper
Il y a fort à parier que Cooper fit doublement référence à l'album d'Alpert et au Who Sell out des Who (des qui ?) où (qui ?) Daltrey pateaugeait dans une baignoire de spaghetti Heinz.
Brefle, ce Whipped cream and other delights aura été un album dont la pochette fut des plus inspirantes, et nous n'avons ici qu'effleuré (rrrrrrrrrrrhhh) le sujet.

Whippedcream
PopHits14-atasteofpourcel.jpgLe fantasme du sexe culinaire a donc été bizarrement oublié du registre des pochettes de Pop Hits, le hit parade chanté, et ce bien que largement admis sur les pochettes d'autres disques depuis les années 1960 et pour longtemps encore (les lecteurs noteront qu'on ne parle ici que de pochettes et non de musique crèmeuse, ce qui rallongerait encore cette page un peu lourde et qui fait bondir les services techniques d'over-blog qui ne vont pas tarder à nous coller un blog-rank négatif à force de tirer sur la bande passante sans payer et sans dépasser les 7 visiteurs par mois, y compris mon chien (pas le vieux, l'autre)).

Le directeur artistique de chez Musidisc (l'éditeur des Pop Hits) s'est donc privé d'un filon érotogène, pour rester dans un registre assez chaste, bien que vulgaire de temps à autres ainsi que nous nous plaisons à le décrier à longueur de  pages de ce site finalement pas si pudibond que ça au vu du nombre de nénés que nous aimons à suggérer sous des motifs faussement historico-culturels.


Quand on pense que ma mère ne me sait pas webmestre de Pop-Hits.net mais me croit cuistot à la cafet' du musée du 33 tours de La Chapelle d'Armentières...

Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.


PopHits14-dolores-erickson-nb
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17 octobre 2006 2 17 /10 /octobre /2006 21:18
Femme, Femme, Femme

Eh l'ami mets ton habit de fête
Ton coeur de paillettes
Et ton regard heureux
Ce soir je t'emmène
On va faire la fête
Tous les deux
La fête charnelle
Avec les plus belles
J'ai gagné le gros lot
Ce soir c'est la vie de château

Femme, femme, femme, fais-nous voir le ciel
Femme, femme, femme, fais-nous du soleil
Femme, femme, femme, rends-nous les ballons
Les ballons rouges et ronds de notre enfance
Femme, femme, femme, fais-nous voir l'amour
Femme, femme, femme, sous son meilleur jour
Femme, femme, femme, fais-nous in the room
Du Prosper youpla, youpla, boum

Eh l'ami ce soir c'est la bourrasque
Je t'achète un masque
Et une chemise en soie
Ce soir je t'emmène
Sors tes grands je t'aime
De galas
Paris s'illumine
Comme une vitrine
De Trenet, de Chevalier
Ce soir on est les héritiers

Femme, femme, femme, n'aie pas peur de nous
Femme, femme, femme, on n'est pas voyous
Femme, femme, femme, choisis ton endroit
Nous, on s'y connaît pas, on t'fait confiance
Femme, femme, femme, on n'est qu'deux amis
Femme, femme, femme, qui s'payent un sam'di
Femme, femme, femme, fais-nous in the room
Du Prosper youpla, youpla, boum

Femme, femme, femme, fais-nous robe du soir
Femme, femme, femme, champagne et caviar
Femme, femme, femme, ce soir c'est férié
On n'va pas regarder à la dépense
Femme, femme, femme, fais-nous confetti
Alcazar et tutti quanti
Femme, femme, femme, fais-nous in the room
Du Prosper youpla, youpla, boum

Femme, femme, femme, fais-nous Marengo
Luna-parc et Monte-Carlo
Femme, femme, femme, fais-nous genre Zizi
Au casino de Paris quand elle danse
Femme, femme, femme, fais-nous langoureux
Du spécial et du larmes aux yeux
Femme, femme, femme, fais-nous in the room
Du Prosper youpla, youpla, youpla, youpla, youpla, youpla, boum

Ah, Serge... coécrit avec Alice Dona, inamovible secrétaire de la Sacem, Femme Femme Femme est le climax de l'hommage masculin au sexe capiteux sous VGE. Toute une finesse que même Bigard ne retrouvera jamais, car il n'a pas le côté d'après-guerre qui nimbe la sexualité fantasmatique de l'autre nabot Corse.

Mais trève de prétexte phallacieux pour éviter d'introduire notre émoi du jour, émoi agoni à la face du ouèbe à défaut d'emmerder Jean-Claude le patron du Khédive, avenue Sadi Carnot face aux Dames de France et Régine Coiffure (c'est du bol qu'elle s'appelle Coiffure la Régine vu que c'est ce qu'elle fait : coiffeuse. Pas le meuble, le métier).
Jean-Claude (c'est du bol qu'il s'appelle Jean-Claude, finalement) me disait pas plus tard que la dernière fois que, quand même, Koh Lantah c'est pas mal mais l'Ile de la tentation a des plages plus sympas, "si vous voyez c'que j'veux dire".

Tu parles que je sais c'que tu veux dire gros naze :
tu aimes les filles sur les plages, toute cette écume sur la peau, que tu reluques sous la visière de ta casquette Buffalo Grill en faisant semblant de faire des Sudoku alors que tu ne comprends même pas le japonnais, et compter en nipon, n'en parlons pas. Mais compter les nichons, ça, tu aimes*. Heureusement que ta Huguette n'a pas voulu divorcer et qu'elle te traîne toujours te fourrer du sable dans le short à la Grande Motte, ça te fait un alibi culturel moins cher que les cabines à 5 euros bld de Clichy. En plus, tu peux tater discretos la marchandise au rayon des fruits et légumes du Leclerc route de Béziers, scusez moi mademoiselle, je voulais attrapper les poires.

Tu parles d'une poire. Alors, comme mon psy m'a dit de ne pas discuter politique avec ma mère et cul avec mon limonadier (ou le contraire, je ne sais plus), j'expose à la cantonade mes interrogations insondables sur les turpitudes du français moyen qui doit bien trouver quelque avantage à claquer 42 balles de l'époque pour acquérir des compiles pourraves de reprises de demi-tubes du moment, comme ce n°40 de Pop Hits, le hit parade chanté, dont Mario Cavallero, maître des musiques, trouva l'immense voix de François Miet pour remplacer au pied bot levé Lama qui toujours faire ainsi quand il est fâché.

Vous rendez-vous compte ? 4 heures de SMIC pour des gallettes plastoque emballées piteusement qui ont fait les beaux jours des éditeurs des diverses collections de compilations aussi humides que Pop Hits le hit parade chanté, dont pas moins de 9 pochettes sur les 53 de cette série alignèrent des jeunes femmes assez dévétues, le tee-shirt ou la tunique généralement détrempé pour laisser poindre des tétons turgestifs, des échancrures des hanches qui montent aux aisselles, des regards semi-coquins qui semblent dire "toi mon pépère je t'ai repéré, ça te dirait qu'on aille s'écouter toi et moi Mario Cavallero, son orchestre et ses chanteurs sur ton combiné ITT platine avec chargeur 15 disques - tuner PO GO FM stéréo - magnétocassette options Ferromagnétique et Chrome dans ta chambre au premier étage de chez ta mère où tu habites toujours alors que tu as 37 ans et que tu est commercial à la concession Renault du centre-ville ?". Qu'elle semble dire. La dame. Légèrement vétue. Et mouillée.

Mais si ce n'était que ça ? Le décorum joue aussi avec les accessoires majeurs de la naïade de pochette d'album de supermarché : le sable, le ciel bleu et l'eau. L'eau qui gicle, l'eau qui coule, l'eau qui écume.

"Vas-y Fiona, laisse toi aller dans les embruns" lui conseillait généralement le Michel Laguens du moment. Alors qu'elle ne s'appelle nullement Fiona mais Isabelle, ce qui est quand même moins vulgos, et qu'elle croit que les embruns c'est une station de ski. Alors que c'est même pas ça, mais c'est pas grave parce que le photographe ne sait pas non plus et confond la houle et les embruns, sans contrepéterie. Ce qui ne l'empêche généralement pas de bien cadrer ce
qui fera languir en 30 cm quadri cartonné le chaland à Euromarché, une nouvelle race de magasins.

Des fois, cet effet aqueux et jaculant est joyeux, presque festif et dénué
d'arrières pensées sexuelles. Comme ce Succès d'été de 1972 chez MFP. Mais souvent, c'est plus glauque, pathétique même, comme cette production angoumoise (parce que angoulêmoise ça faisait trop lourdingue à dire et que vous n'avez qu'à relire votre petit baleinié avant de poser des questions déplacées sur un blogue culturel que même Louis Bozon aurait souhaité en être alors hein bon) du label Aline, qui a commis en 1982 Hit Radio TV vol. 5, excusez du peu pour le titre, offrant une salivante brochette de reprises des grands succès du moment par les infâmes The Biggest, groupe sûrement tout aussi picto-charentais que le label vu la qualité de sa prestation musicale. Self control, Toute première fois et Break dance party ne s'en sont toujours pas remis. Dommage.

Alors pourquoi donc tant de mauvais goût maritime récurrent dans ces photographies ? Interrogeons un chanteur dinch' Nord qui commit en 81 ce petit bijou qui a donné le titre à l'article du jour, et sûrement de la semaine car les responsables de ce blog ne sont pas que VJ, DJ et artistes multimédia mais ils ont aussi une vie de famille à côté et un métier fort honorable avec un ordinateur
et des tickets restau.

J'aime
J'aime regarder
les filles qui marchent sur la plage
Sur leur peau le soleil caresse bien trop sage
Le vent qui les décoiffe
Un goût de sel sur mes lèvres
J'aime
J'aime regarder les filles qui marchent sur la plage
Les hanches qui balancent et les sourires fugaces
Je regarde les vagues qui jouent avec leurs corps
J'aime
J'aime regarder les filles qui marchent sur la plage
Leurs poitrines gonflées par le désir de vivre
Leurs yeux qui se détournent quand tu les regardes

J'aime
J'aime regarder les filles qui marchent sur la plage
Le soleil sur leur peau qui joue à cache-cache
Et des ambres solaires le parfum volage
J'aime
Regarder les filles

J'aime regarder les filles
Regarder les filles
Regarder les filles
 
J'aime regarder les filles
Les filles
J'aime regarder les filles
Le soleil sur leur peau
Leurs hanches qui balancent
Leurs poitrines gonflées

J'aime regarder les filles
J'aime
J'aime regarder les filles qui marchent sur la plage
Quand elles se déshabillent et font semblant d'être sage
Leurs yeux qui se demandent mais quel est ce garçon
J'aime
J'aime regarder les filles qui marchent sur la plage
Leurs ventres qui se collent sur le sable chaud
Le vent qui les décoiffe et les sourires fugaces
J'aime regarder les filles qui marchent sur la plage
J'aime
Regarder les filles
Regarder les filles
Regarder les filles

Merci Patrick, on t'adore, on t'écoute, on te mixe, on te lit. Patrick Coutin. Avec un nom comme ça, il aurait pu écrire des textes de pervers, genre
Fais-moi jouir, Sexy Suzy ou Stone de ton corps. Et encore, vous n'avez pas vu sa gueule, sauf si vous vous souvenez de la pochette du 45. Il est tellement salace qu'on ne saurait gâcher l'étalage de cette page par son oeil torve et sa pilosité maxilaire. Brrr, on en tremble rien qu'à y penser. De toutes façons, ce qui nous intéresse, c'est la prose de notre homme, et la signification de ce que nous livre une bluette apparemment très innocente, mais méfions nous de l'eau qui bout et du loup à terre car tel un ogre il mange parfois le petit Chaperon rouge le soir au fond des bois. Le salaud.

Finalement, le genre sablonneux, qui avait connu sa première heure de gloire avec Vadim et Bardot au mitan des 50's du attendre 1982 pour que le mythe revienne prendre corps en pochettes et film publicitaire. D'abord le craignossissime et succulent 28° à l'ombre de Jean-François Maurice (en fait c'était Jean Albertini, producteur de C Jérôme et Michele Torr. La première version de 28 degrés était sortie en 1978 mais avait moins bien marché, faute de pochette affriolante), avec son "Monaco, 28° à l'ombre. Il fait chaud" susurré de la suave voix d'Émile Louis (enfin on dirait).

Le second revival musico-plagesque reste dans les mémoires de la France post-giscardienne sous les traits d'un cadre moyen enfoncé dans son canapé et rêvassant devant le rendu
exceptionnel de l'image et du son de son poste de télévision couleur Telefunken tellement pile poil qu'il s'y croirait en train de gambader par les flots vers une coquette aux cheveux courts et mouillés tout comme sa nuisette Petit bateau et sa culotte mini coupeur. Telle Vénus sortant des eaux, ou plutôt Ursula Andress, la madame chatain et fort peu blonde pour une fois faisait vibrer 20 millions de scrotums à travers la France télévisuelle ébahie, mais regrettant quand même de ne pas avoir un Telefunken couleur grand écran pour profiter de toute la fraîcheur du message. Le second épisode de la saga publicitaire (qui n'en compta que deux) est moins rigolo. La musique langoureuse et les paroles d'Eden is a magic world susurrées par un "mâle" un peu douteux (le lien renvoit vers notre confrère Arbobo qui a aussi parlé de cette pochette, aucun lien avec ce qui précède, bien entendu) sont étonnament réussies et fidèles au reste du concept pubesque (?? mais ne dit-on pas pubien ?), par la grâce des deux compositeurs de Richard Clayderman et fondateurs du label Delphine, Olivier Toussaint et Paul de Senneville, sous le délicat étandard de Pop Concerto Orchestra. Mario Cavallero n'a plus qu'à aller se planquer, ce qu'il avait d'ailleurs fait l'année précédente.


Heureusement que le chercheur Jean-Claude Kaufman nous a expliqué très doctement dans sa Sociologie des seins nus que tout ça est bien naturel et pas beaucoup plus salace que de sucer des Kim Cônes.

Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.

* Quoi ? Vous cherchez quelque chose ?


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7 octobre 2006 6 07 /10 /octobre /2006 23:51
Le chanteur malheureux (Et je me demande)
Et je me demande si tu existes encore
Et je me demande si ton coeur est au nord
Si tu fais l'amour le soir quand tu t'endors
Et toutes ces choses !
Mais pour moi rien n'a changé, je t'ai gardée

Et je me demande qui touche tes cheveux
Et je me demande si tu es près d'un feu
Si tu lui as dis les mots que tu m'as dis
Et toutes ces choses !
Mais pendant que j'y pense, toi tu m'oublies

{Refrain:}
Comme un chanteur malheureux
Que l'on écoute plus
Comme un chanteur malheureux
Que les gens n'aiment plus
Même si tu n'es plus là
Je chante encore pour toi

Et je me demande si tu m'entendras

Et je me demande si l'on se reverra
Et je me demande si tu te souviendras
Si nous deviendrons simplement des amis
Et toutes ces choses !
Mais tu as dû oublier qu'on s'est aimés

(Refrain x2)

La déprime totale... Avant ce monument d'optimisme en 75, Cloclo nous avait déjà gratifié du Mal aimé ("Maaaaal aimé, je suis un mal aimé...") dont nous avons traité précédemment, puis du Téléphone pleure ("Le té-lé-phooooooonepleure Quand elleu neeeuuuu vient pas...") que j'espère nous n'aurons pas à traiter. Primesautier devant l'Éternel qu'il retrouva bien vite au détour d'un tragique accident electro-domestique alors que la France quittait lassivement ce bon vieux 110 pour un moderne mais inquiétant 220, Claude François reste une icône de fraicheur masculine. On le préferera d'ailleurs idole des femmes (sur une magnifique et célèbre photo de Jean-Loup Sieff),
assez bien pastichée par l'affiche du nullissime Podium de Moix, plutôt que coulé dans un bronze douteux sur son mausolée de pacotille.
Mais revenons à notre bombe sexuelle : Claude, bien vivant, au milieu de ses Clodettes
tout droit sorties de pochettes de Pop Hits, icônes de la sexualité pompidolienne aux bottillons d'acier et au string itou telles des Barbarella surgies des pages les plus coquines de la Blanche Porte, Claude se trémoussant à s'en faire péter la prothèse de hanche dans un 3 pièces velours piqué à un mac libanais (un comble pour un Egyptien), chanteur libidineux gigotant ses minettes en public, tout ce décorum proto-discoïde de bon aloi bien que d'assez mauvais goût devait nous faire festivement oublier la douloureuse passe que furent les premières années 1970 par des artifices titillogènes au niveau de là (non, un peu plus bas, là, oui c'est ça).

Au fait de sa gloire, à l'acmé de sa carrière, après avoir fondé en 1967 sa propre maison de disques Flèche, repris le magazine Podium (Waow quel journal !), affaires qu'il dirigeait à coups de trique et force notes de service, après avoir écrasé l'univers sous son Comme d'habitude qui doit plus à l'adaptation de Paul Anka et l'interprétation d'Ole Blue Eyes (celle de Sid allait être pas mal non plus) qu'aux reprises de Michel Sardou, de la Star Ac et de Mario Cavallero parmi d'autres, alors que ses tournées formaient des chapelets de galas orgiaques où des pucelles braillantes et des secrétaires-comptables en corsage synthétique se déchiraient l'hymen à force de bramer le nom du blond et suant étalon déchirant sa chemise moirée parce que ça colle à mort et c'est aiguisé comme des schnarpels au niveau des coutures alors on va pas se griller les dessous de bras avec ces nylonades à jabot pour les beaux yeux d'un troupeau vaginal qui de toute façon le préfère à poil qu'emballé façon cadeau de Noël pour marraine Huguette, de cette frénésie donc Claude fut las et décida de se retirer définitivement de la scène. C'était en février 1974 et en Belgique, comme quoi on a rien sans rien.

En juin de la même année, il reprenait ses galipettes publiques pour faire rentrer quelques roupies : il faut dire que le manoir de Dannemois, futur musée des zombies cloclophiles, pathétique Graceland de grande banlieue, avait à moitié cramé l'année précédente, et un bon contrôle fiscal pointait le bout de son nez, qu'un futur duo avec VGE n'atténuerait que d'un cheveu (faut avouer que Giscard, jaloux de la crinière claudienne, ne lui fit pas de cadeau). Et puis, de syncope sur scène marseillaise en agression par un fan, de tentative de meurtre avec course poursuite automobile en nervousse bréquedone à gérer l'empire fléché, d'accident de bagnole en cocktail molotov de l'IRA qui failli le griller alors qu'il passait par là (non pas par là, plutôt vers Londres) mais qu'il s'en fallut d'un poil grâce à une nénette qui fit écran de son petit corps bientôt carbonisé, Blondin jouait une partition bien persillée. Et puis il s'est fait plaqué par la mère de son gosse, titillée qu'elle était par les cornes de 15 m de long qui lui poussaient chaque soir de gala et chaque journée de travail du Claude.

Bref, c'était pas la joie cette vie trépidante.


Pas étonnant qu'il n'ait eu de cesse de geindre sur vinyl
et dans RTL ses turpitudes sentimentales malaxées par des paroliers de menus de cafétérias pour qu'on le plaigne un peu dans les cuisines des mémères de province et sous les draps trempés de prépubères confites et abonnées à sa revue fort prolixe en conseils pour soigner l'acné et expliquer qu'on ne tombe pas enceinte au premier palot venu dans une auto tamponneuse parce que non la salive ne contient pas ces fameux spermatozoïdes. Enfin pas au début.

Remarquez, pour se retaper la cerise, notre pépère poussa le vice à emballer des pin ups
autrement que dans du papier alu qui brille si bien quand on se tortille chez Maritie et Gilbert Carpentier. Il les coucha dans un petit magazine éroto-mâle bien dans l'air du temps qu'il venait de racheter, copiant vaguement sur Lui pour la photo et le général Massu pour le texte. Ca s'appelait Absolu, et c'était relativement aussi torride qu'une partouze chez Collargol. Il eu toutefois quelques petits ennuis avec la censure, mais le style général mollasson tirait entre David Hamilton et Emmanuelle (pas la soeur, le film). C'est sous le pseudonyme de Claude Dumoulin qu'il mit la main à la patte (cf. fig. 3 ci-contre), comme s'il croyait nous blouser et qu'on ne le prendrait pas la main dans le sac (cf. aucune fig., ce n'est quand même pas un blog porno ici).

Le coquin n'en était d'ailleurs pas à sa première tentative libidineuse, car outre les Clodettes inventées en 1966, il avait aussi racheté une agence de mannequins (des qui bougent). Et nous ne parlerons même pas du fichier des jeunes abonnées de Podium (non, nous n'en parlerons pas), ni des fins de nuits de récital à l'Hôtel du Commerce de Lannemezan, suite préfectorale, au premier étage.

Alors quoi, Pop Hits le Hit parade chanté, chantre des pochettes du bon goût franchouillard pouvait-il ne pas rendre encore hommage à notre Cloclo national par une bien belle reprise cavalleresque et une bien belle photo de couverture où une blondasse en bikini-colliers swinguait Si j'avais un marteau telle une Clodette cuvée 77 pour ce 20e volume ? Hm ?

Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.


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1 septembre 2006 5 01 /09 /septembre /2006 11:56
I was made for lovin you

Do, do, do, do, do, do, do, do, do
Do, do, do, do, do, do, do
Do, do, do, do, do, do, do, do, do
Do, do, do, do, do, do, do


Tonight I wanna give it all to you

In the darkness
There's so much I wanna do
And tonight I wanna lay it at your feet
'Cause boy, I was made for you
And boy, you were made for me

I was made for lovin' you baby
You were made for lovin' me
And I can't get enough of you baby
Can you get enough of me

Tonight I wanna see it in your eyes
Feel the magic
There's something that drives me wild
And tonight we're gonna make it all come true
'Cause boy, you were made for me
And boy I was made for you

I was made for lovin' you baby
You were made for lovin' me
And I can't get enough of you baby
Can you get enough of me

I was made for lovin' you baby
You were made for lovin' me
And I can give it all to you baby
Can you give it all to me

Oh, can't get enough, oh, oh
I can't get enough, oh, oh
I can't get enough
Yeah, ha

Do, do, do, do, do, do, do, do, do
Do, do, do, do, do, do, do
Do, do, do, do, do, do, do, do, do
Do, do, do, do, do, do, do

I was made for lovin' you baby
You were made for lovin' me
And I can't get enough of you baby
Can you get enough of me

Oh, I was made, you were made
I can't get enough
No, I can't get enough

I was made for lovin' you baby
You were made for lovin' me
And I can't get enough of you baby
Can you get enough of me

I was made for lovin' you baby
You were made for lovin' me
And I can give it all to you baby

Disco rock. Dis-co-rock ! La pochette française de la méga-daube de Kiss était on ne peut plus explicte. 594 000 galettes fourguées rien qu'en France. A titre de comparaison, c'est 5 000 de plus que Señor Météo, soit environ une demi-douzaine de terrains de foot. Un design chatoyant, avec des projos de discothèque et 4 rockers surgissant des vapeurs de l'enfer. Mais surtout l'accroche fatale, le teasing marketing absolu, ce fameux concept deleuzien qu'était le disco rock. Du disco + du rock : l'équation totale.
C'était bien vu : en 79, où l'hédonisme se disputait à la rage intérieure, tant la pochette que la musique de ce 45 tours maléfique répondaient aux aspirations d'une époque tourmentée par l'invasion du Cambodge et la mort de Tante Yvonne. Les punks étaient des bêtes, les Bee-Gees des lopettes. Alors pour s'encanailler tout en mouillant ses dessous de bras, sautiller comme une pucelle en hochant compulsivement la caboche, branlouiller dans le vide des Flying V imaginaires tout en giclant sa sueur sur le corsage Pimkie de sa belle-sœur au mariage de Brigitte et Roger (photographe à Château-Thierry), les démons-tarlouzes de Kiss en faisaient voir de toutes les couleurs.

Du noir, du blanc, de l'argenté surtout. Les 4 nouillorquais poilus étaient maquillés comme des 106 tunées, brillants comme des boules à facettes, bandants comme des bucherons drags queen, troublants comme les X-Men, moulés du bas comme des andouillettes sous vide. Glitters à la Rocky horror picture show, rockeurs tendance Guns and roses, Kiss jouait vaguement vite et fort en crachant du feu, ça aide un peu. La langue bien pendue, Gene Simmons se ruinait en plateform boots pour ne pas marcher dessus. Heureusement qu'il économisait sur les kleenex.

De toutes leurs croutes, la sauvagement maniérée I was made for lovin' you fut un choc que Pop hits, le Hit parade chanté n°46 ne pouvait pas laisser passer, comme beaucoup de grands artistes après d'ailleurs.

La version teutone par Queen of Japan (2000), popularisée par les 2 many DJ's, est sûrement la plus sexy. De l'electro-disco comme trop peu savent en mouliner, chic et trouble, bien qu'un peu molle et cliché revival 80's, plus moite en tout cas que l'infâme latino pop Paulina Rubio reine 2004 sur toutes les radio des Celio et Franprix de France et de Nanarre. La pochette de la lolita latina était des plus pop-hitsiennes, vulgos à souhait, options simili gros cul (merci photoshop) et "t'as vu mes os ? j'en ai plus qu'un" (merci les deux doigts coupe-faim), le top du moment pour vendre du slip sur MCM (avec un c, au temps pour moi). Avec ce squelette semi-charnu en porte-étendard, on s'étonnera peu que Patrick Juvet et Trust n'y trouvassent pas leur compte : le swing est corsetté dans un r'n'b prépubère que Jeane Manson elle-même ne souhaiterait pas au moment de se dire adieu. Nonobstant ces fautes de goûts, la Rubio version Kiss vaut plus que la soupasse des koalas (parce qu'il n'y a pas que des kangourous en Australie) de Killing Heidi, au nom autant rigolo que sa bouillasse post-grunge FM est nazebroque. Tout aussi pire, les rasants rappeux Dax Riders se sont cru malins d'abandonner leur hip-hop pourrave habituel pour une reprise hommage clonée, histoire de se prendre pour des graisseux. N'est pas Rick Rubin qui veut.

Reconnaissons un petit faible pour la version eurobeat de Dave Rodgers (c'est un pseudo, Dave est italien, comme Mario Cavallero est de Melun), idéal pour un super booster de 106 tunée. Autre schleu, autre style, Scooter propose sûrement la plus nullissime des covers. De la belle eurodance que même Hit machine volume cent trente-douze ne voudrait pas. Charly et Lulu en ont une poussée d'acné génital rien qu'à y penser.


Plus exotoc, et très charmant, une version Bollywoodienne sur Tamise à la chorégraphie limite abdulesque et aux variations très libres pour les paroles.

On en rit encore à Westminster.



Non, pour vraiment transcender l'hymne disco rock, la chanteuse shibuya-kei Maki Nomiya, ancienne moitié de Pizzicato Five, s'est alliée fin 2005 à Dimitri from Paris pour the cover. Suave et précieuse, kitch et moderne, ante-disco et post-rock, on fera difficilement mieux. Il semblerait quand même que les japonnais vouent un amour profond et débridé (hu hu) à ce morceau, à en croire les Satanicpornocultshop tout au moins.

I was made for lovin you était donc suffisamment gravos pour que Wikipédia en offre une page de commentaires, avec ébauche de quelques reprises, plus complètes d'ailleurs que ce que propose l'excellent Covers project, pour une fois. Les fanatiques se retrouveront en Suisse pour découvrir l'ampleur du désastre : 93 versions !


Et encore, celle de Mario Cavallero n'a pas été comptabilisée. Et c'est bien dommage, car c'est loin d'être la plus pathétique.

Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.


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22 août 2006 2 22 /08 /août /2006 21:16
Confidence pour confidence

Je me fous, fous de vous.
Vous m'aimez, mais pas moi.
Moi, je voue, vous l'aimez.
Confidence pour confidence,
C'est moi que j'aime à travers vous.

Si vous voulez les caresses,
Restez pas, pas chez moi.
Moi j'aime sans sentiment.
Confidence pour confidence,
C'est moi que j'aime à travers vous.

Mais aimez-moi à genoux, j'en suis fou,
Mais, de vous à moi, je vous avoue
Que je peux vivre sans vous.
Aimez-moi à genoux, j'en suis fou
Et si ça vous fait peur,
Dites-vous que sans moi,

Vous n'êtes rien du tout.
Tout pour rien, rien pour vous.
Vous m'aimez, mais je joue,
J'oublie tout.
Confidence pour confidence
C'est toujours moi que j'aime à travers vous

Vous pleurez, révoltée, taisez-vous.
Vous m'aimez, mais pas moi.
Moi je vous veux pour moi et pas pour vous.
Vous je m'en fous, tant pis pour vous.
Aimez-moi à genoux, j'en suis fou
Et n'oubliez jamais que je joue

Contre vous. Vous pour moi.
Sans vous, vous l'avez voulu, tant pis pour vous,
Aimez-moi.
Confidence pour confidence,
C'est moi que j'aime à travers vous.

Je me fous, fous de vous.
Vous m'aimez, mais pas moi.
Moi, je voue, vous l'aimez.
Confidence pour confidence,
C'est moi que j'aime à travers vous.

Si vous voulez les caresses,
Restez pas, pas chez moi.
Moi j'aime sans sentiment.
Confidence pour confidence,
C'est moi que j'aime à travers vous.

Mais je me fous, fous de vous.
Vous m'aimez, mais pas moi.
Moi, je voue, vous l'aimez...

Schultheis, musicien chez Drucker ou pour Le Forestier, pas un punk donc, a réussi, avec sa rengaine du début de l'ère mitterrandienne, à fâcher quelques poignées de féministes, et même des femmes. Plutôt que de jouer avec les sentiments, il privilégie plutôt l'absence de sentiment comme point cardinal unique des relations qu'il recherche. Plus encore, il désire sa compagne de plaisir comme un objet qui doit s'agenouiller pour lui ( "Aimez-moi à genoux, j'en suis fou / Et n'oubliez jamais que je joue"). Ou est-ce même devant lui ?

Cela n'a pas empêché le Pr Tournesol du clavier de faire chanter la France entière, inconsciente des paroles qu'elle entendait pourtant très distinctement, et qu'elle fredonnait même par dessus le marché. Sans hoqueter.

Ce fut un peu la même chose pour Toute première fois de Jeanne Mas, que filles et garçons hahannaient dans les cours d'écoles et les cafés, les boums et les campings, jusque dans les aumoneries catholiques de l'enseignement public. Heureusement qu'il y eut deci-delà (surtout delà) quelque pasteur averti à l'oreille aiguisée, pour alerter oncque boutonneux en un certain lycée du Nord du caractère tout bonnement scandaleux du texte de la diva anarco-syndicaliste, que tout un chacun reprenait sans se soucier à tire-larigot turlute tutu chapeau pointu, et vas-y comme je remets 1F dans le juke-box. Depuis cette terrible découverte, je suis resté chaste. Je n'écoute plus Jeanne Mas.

Revenons donc à notre coquin Schultheis : non content de sa première mysoginie chantante, il a aussi produit en 87 l'excellemment subtile Va te faire voir, dont la pochette rivalise de finesse avec les paroles :
"Malheur à toi
De m'aimer trop ou trop peu
T'es trop jolie
Pour n'être pas malhonnête"

On aurait eu tort de s'en priver.

Mieux, Frisette, comme l'appelait sa maman qui n'avait pas tout compris, a conçu entre temps (82) l'habillage sonore de la grande émission culturelle Coco Boy, et plus particulièrement la musique d'ambiance de la séquence de la playmate. En vérifiant dans les archives INA pour redécouvrir cet inexpiable brûlot dont je ne comprends pas pourquoi je l'avais oublié (j'avais peut-être la tête ailleurs, qui sait), il n'y a pas de quoi être fier de cette lessivasse funky aux râles féminins en boucle en fond. Même pas digne des nuits de RTL 9.

Les pauvres filles se déloquaient gauchement sur une chorégraphie pathétique, entourées de la bande à Collaro roulant des yeux de pervers pépères et clignant complicement vers le spectateur, pensant sûrement à leur pauvre mère qui aurait désormais bien du mal à ne pas les appeler Frisette, tout comme leur coiffeur d'ailleurs (les pauvres filles, pas le spectateur). Et tout ce petit monde swinguait mollement mais ostensiblement aux saccades guitaresques d'un faux Chic et aux "haaa" et "hooo" d'une pouffe qui se croyait chez Gainsbourg alors qu'elle n'était que chez Schultheis. Même une pub de Tampax était plus bandante. Déprimant.

Mario Cavallero ne pouvait donc être inculpé (disait-on à l'époque) d'outrage aux bonnes mœurs en reprenant Confidence pour confidence pour ce 53ème et apparemment dernier opus de la série Pop Hits, le hit parade chanté. La France télévisuelle et chantante avait absout les péchés de Schultheis en lui faisant un beau succès. L'honneur des compilations de qualité restait sauf chez Musidisc, on allait pouvoir fermer boutique la tête haute et les dessous propres.

D'ailleurs, pour fêter ça, on a même eu droit à l'une des pochettes des plus vulgaires. On ne s'en lasse pas, la revoilà :
Les 80's n'avaient plus rien à envier aux 70's. Déjà que le logo Pop Hits venait de changer depuis une saison, que le lettrage des titres et du fameux bandeau rouge était tout pourri, et les photos surex (ne blâmez pas le photographe du site Pop Hits, il a même du renforcer les couleurs d'origine sur Photoshop pour que vous puissiez mieux vous rincer l'œil sur ce camaïeu de toisons). Comme quoi, il était temps que ça s'arrête.

De toute façon, la relève était arrivée : on pouvait désormais écouter de la daube en regardant des pauvres filles érotonazes, mais désormais ça bougeait et c'était gratuit. On appela ça TF1.


Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.




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21 août 2006 1 21 /08 /août /2006 22:11
Señor Météo

Et voilà l'averse qui tombe
Il n'y a plus de saison
Depuis qu'on a fait la bombe
Albert Simon

Aye señor Carlos
Ma grénouille est malade
Ayaye pauvre señor
Et elle n'a plus vingt ans
Aye quelle catastrophe
Le soleil est en rade
Elle avait annoncé du beau temps

(Refrain)
Señor Météo
Quando dit qu'il fait beau
Señor Météo
A glagla quel frigo !
Quando mi transistor esperansa calor
Il a tort !
Que dolor

L'été on s'enrhume facile
Et depuis les restrictions
On dort en costume de ville
Jean Breton

De Venise à Vesoul
Oublions le chauffage
Emporté par le fuel
Ne formons qu'un seul corps
Et de Toulouse à Toul
Aimons-nous davantage
L'amour est le seul vrai radiateur

(Au refrain)

Madame est là s.v.p ?
Oh non la madame est partie danser le chachacha
Señor Carlos
Le chachacha señor Carlos
En ville le chachacha

À la télévision
Tu annonces la neige
Il prend ses précautions
Je mets mon bermuda
Si dans tes prévisions
Tu promets le soleil
Je ressors mon parapluie à pois rouge

(Au refrain)

Est-ce pour le punir de quelque chose à venir que l'éminente Françoise baptisa son rejeton du double patronyme Yvan-Chrysostome ? Ou pour faire un mot compte triple ? En tout cas, ça devait grave chier des neurones chez les Dolto à la maternité en cet hiver 43, sûrement pour se venger d'une césarienne mal torchée. Il faut  avouer qu'on cotérise difficilement avec de l'alcool de topinambour. Ou alors ils n'arrivaient pas à réchauffer leur cortex vu qu'ils avaient brûlé tous leurs tickets de charbon (chez les intellos, on n'a pas toujours le sens pratique). Autant dire qu'on se les gelait.

Toujours est-il qu'on n'allait pas s'emmerder 107 ans sous prétexte d'une occupation mal organisée par le gouvernement de droite de l'époque, et qu'il était plus simple de s'appeler Carlos pour faire un disque d'or dans les années 1970, surtout sous un gouvernement de droite. Même Delerm aujourd'hui n'oserait pas s'appeler
Yvan-Chrysostome.

Comme le travail n'était pas fini, Joe, le fils du grand Jules, décida de composer avec son comparse Lemesle une petite comptine enlevée sur la pluie et le beau temps, histoire de rafraîchir les idées du barbu souriant.
Dassin nous gratifia d'un des plus beaux bouts de la chanson française, le mémorable "emporté par le fuel" dans le troisième couplet, consacré à la partouze comme il se doit. Il faut se souvenir que nous entrions alors dans les premières digestions du choc pétrolier, et que la fin 1974 était un peu tristounette. Il neigea le 11 novembre et Pompidou avait cassé sa pipe à charbon. Autant dire qu'on se les gelait.

Pas démonté pour autant, le grand Mario décida que le 17e volume de Pop Hits, le Hit parade chanté ne pouvait commencer 1975 sans reprendre le plus grand succès du moment. Ce fut fait, et plus tôt bien fait. Surtout pour ceusses qui s'escrimaient encore à acheter pour presque trois smig horaire la crème des ringardises du moment, version baloche 4 étoiles. Il faut reconnaître que Cavallero n'était pas le dernier venu pour émoustiller toute une salle polyvalente à la communion du petit dernier de la Janine de Château-Thierry. Il était encore meilleur pour les mariages, et mettait une ambiance du tonnerre de la jarretière à la soupe à l'oignon. Cela laissa pourtant songeuse la mariée du Pop Hits 17, qui n'avait apparemment pas froid aux os, elle (de là à suggérer le chemin de sa virginité en plein janvier, quand même, retenez-vous !), et qui semblait regretter de ne pas avoir opté pour l'orchestre de Tony Brams. Mais bon, c'est son beau-père qui payait, et elle hériterait un de ces jours de sa triperie rue Sadi Carnot. Patience, patience...

Mais ça, bien évidemment, personne n'ose le dire.



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18 août 2006 5 18 /08 /août /2006 19:43
Il a neigé sur Yesterday

Il a neigé sur Yesterday

Le soir où ils se sont quittés
Le brouillard sur la mer s'est endormi
Et Yellow Submarine fût englouti
Et Jude habite seule, un cottage à Chelsea
John et Paul je crois sont les seuls
A qui elle ait écrit
Le vieux sergent Pepper a perdu ses médailles
Au dernier refrain d'Hello Good Bye
Hello Good Bye

Il a neigé sur Yesterday
Le soir où ils nous ont quitté
Penny Lane aujourd'hui a deux enfants
Mais il pleut sur l'île de Wight au printemps.
Eleonor Rigby aux quatre musiciens
Viennent séparement vous voir
Quand ils passent à Dublin
Vous parler de Michèle
La belle des années tendres
De ces mots qui vont si bien ensemble
Si bien ensemble

Il a neigé sur Yesterday
Le soir où ils se sont quittés
 Penny Lane c'est déjà loin maintenant
Mais jamais elle n'aura de cheveux blancs.
Il a neigé sur Yesterday
Cette année là même en été
En cueillant ces fleurs
 Lady Madonna a tremblé
Mais ce n'était pas de froid


Sept ans après la séparation des Fab Four, la fille aux yeux d'argent pleurait de froides et douces larmes sur le
passé de Manchester et surtout de Liverpool. Signe qu'elle était plus nostalgique des 4 chevelus que de leur œuvre, avouons le éternelle (alors que les chevelus étaient coupés en 4 à l'époque et risquaient d'être rapidement moins éternels pour certains d'entre eux). Pas de quoi chialer donc, même des flocons.

Mais il faut dire qu'au mitan des 70's, Maïtena la périgourdine commençait à tourner le dos à son passé, sans pouvoir s'en détacher, le cœur gros du temps présent.

Cette alors encore fan des sixties pleurait peut-être son propre passé. Folk singer de luxe, Marie Laforêt dénotait franchement de Françoise Hardy, la seule à pouvoir rivaliser dans sa catégorie de shamallow glacé (option chanson française post-yéyé). Mais plus catho qu'intello, plus emballée que blasée, plus sociale que snob, plus accessible que sophistiquée, plus sexy intemporelle qu'éternelle jouvancelle, torride plus que mignone, Laforêt, elle, a la classe mais pas la grosse tête.
"Je suis la fille naturelle de Sheila et Barbara" dit-elle. Cela ne l'a pas empêchée de déconner à plein les manettes, pétant régulièrement les plombs publiquement mais si sympathiquement au grand plaisir des tenanciers de talks shows des 2000's.

Ses chansons étaient souvent des reprises up to date des folk songs de l'internationale pacifiste de l'époque, avec un fort tropisme américain (nord et sud), même si elle ne rechignait pas à la pousser de temps à autre dans la langue d'Aldo Maccione. Le son soigné enveloppait des paroles souvent trop mièvres qui vendengeaient l'amour sur des airs doux amers.

Le tout était superbement emballé dans des disques au packaging dit gatefold (qui s'ouvrait en deux parties comme un livre), pour les albums 30 cm comme pour les super 45T 4 titres jusque 1970 (18+1 merveilles avec des photos recto et verso d'anthologie). On les feuillette, on les épluche, on se tord le poignet pour saisir le disque qui s'ouvre vers la charnière intérieure pour laisser glisser une pochette cristal. Les albums des 70's sont pas mal non plus, mais les 45 commencent alors à craindre question visuel. Mais dans l'ensemble, un disque de Laforêt est quand même plus sexy qu'un Pop Hits, le hit parade chanté.


Alors quelle navrance (bon, disons quelle amertume) que fut le hit pop Il a neigé sur Yesterday, même si la rengaine de Jean-Claude Petit et consors est imparable (bien que niaise). Heureusement que l'air est plus mélancolique que les paroles de cette petite visite guidée au travers l'œuvre des Beatles. Paroles qui sont comme une petite compilation ultime, bien que les titres sélectionnés le sont moins.

Mario Cavallero ne se fatiguait pas trop, pour sa part, dans le choix des morceaux qu'il posait dans chaque livraison saisonnière de Pop Hits, le hit parade chanté. Il prend ce qui vient, vient : les succès du moment, pour la plupart francophones (moins à la fin où l'anglais pointait son nez de temps à autres, mais rarement plus que la moitié de la douzaine de morceaux réglementaires).

Pour ce numéro 35 (1977), magnifiquement illustré par Michael Sharman, encore hamiltonien mais préfigurant déjà les 80's au néon et à l'ultra-gloss, on découvre pour une fois une tentative intéressante de Mario C : se mesurer en un seul album à de nombreuses chansons difficiles à interprèter si on n'a aucun talent (cette fois là les falsattos pour I feeel love ou pour Où sont les femmes ?, le solo de guitare pour Hotel California...). Et comme d'habitude, ça ne coupe pas : ça craint à max.

Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.

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17 août 2006 4 17 /08 /août /2006 22:38
Le mal aimé

J'ai besoin qu'on m'aime
Mais personne ne comprend
Ce que j'espère et que j'attends
Qui pourrait me dire qui je suis ?
Et j'ai bien bien peur
Toute ma vie d'être incompris
Car aujourd'hui : je me sens mal aimé

{Refrain:}
Je suis le mal aimé
Les gens me connaissent
Tel que je veux me montrer
Mais ont-ils cherché à savoir
D'où me viennent mes joies ?
Et pourquoi ce désespoir
Caché au fond de moi

Si les apparences
Sont quelquefois contre moi
Je ne suis pas ce que l'on croit
Contre l'aventure de chaque jour
J'échangerais demain la joie d'un seul amour
Mais je suis là comme avant mal aimé
{au Refrain}

Car je suis mal aimé
{au Refrain 2x}

Mario Cavallero se sentait-il si mal aimé pour ne même pas arriver à rivaliser avec ce malheureux chanteur qu'étais Cloclo, et reprendre si désespérément la bluette concoctée en 74 par Eddy Marnay (sur une musique post-lisztienne originelle de Terry Dempsey, popularisée peu de temps avant par David Cassidy sous des paroles anglaises à peine plus profondes dans le semi pathétique Daydreamer) ?

A un moment, je m'étais même demandé s'il ne s'agissait pas plutôt de la reprise de la mise en fredaine par Ferré et ses acolytes (pas Jean-Luc, Léo, suivez nom de dieu) de la Chanson du mal aimé d'Appolinaire. Ouf, que nennon. La poésie est sauve. C'est dommage, nous aurions pu contempler la pochette du Ferré (l'une des deux originales du 45T en fait, on a l'embarras du choix, hahahahahahaha), à la place de l'l'incroyablement hideux étron polychrome de la maison Flèche, qui ne pouvait de toute façon faire mieux que son patron (Cloclo, merde ! mais suivez quoi !).

Mais trève d'érudition cachée, Internet est fait pour ça, et ce blogue n'est pas wikipédia.

La quinzième édition de Pop Hits de hit parade chanté début 74 est à marquer d'une pierre rose : la pochette est des plus sobres et se révèle pourtant vachement torride, aucune nudité n'ayant été poussée ici à un tel niveau dans la collection. Presque sans vulgarité. On croit rêver.

Pop Hits pourrait-elle alors rivaliser avec les pochettes cheesecake les plus fameuses ? Tout en restant dans le registre de la compilation de reprises, on se rapproche ici de certaines des meilleures pochettes françaises des collègues des Tréteaux, dont nous montrerons ici un jour quelques provocations, souvent moins soignées que ce Super Succès poivré (encore Laguens à l'objectif, qui utilisa sûrement la même séance photo ou tout au moins le même short pour la face B de l'une de ses compilations Disco danse, car Laguens n'était pas que photographe, mais aussi éditeur musical, on en recausera aussi).

L'espagnolesque chute de rein pop-hitisienne rivalise même avec les meilleurs productions européennes (hmm les Top of the pops qui ont immanquablement inspiré les Pop Hits français, tant pour les pochettes que pour le concept de compilation de reprises) voire américaines.

Délicieuses et honteuses pochettes que chacun garde avec jalousie au fond de son grenier, exhibe perversement sur Internet, ou même exalte sous des fumeux dehors scientifiques.

Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire
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15 août 2006 2 15 /08 /août /2006 10:29
Le chasseur

Il était cinq heures du matin
On avançait dans les marais
Couverts de brume
J'avais mon fusil dans les mains
Un passereau prenait au loin
De l'altitude
Les chiens pressées marchaient devant
Dans les roseaux
   
    [REFRAIN]
    Par dessus l'étang
    Soudain j'ai vu
    Passer les oies sauvages
    Elles s'en allaient
    Vers le midi
    La Méditerranée
   
    Un vol de perdreaux
    Par dessus les champs
    Montait dans les nuages
    La foret chantait
    Le soleil brillait
    Au bout des marécages
    Avec mon fusil dans les mains
    Au fond de moi je me sentais
    Un peu coupable
    Alors je suis parti tout seul
    J'ai emmené mon épagneul
    En promenade
    Je regardais
    Le bleu du ciel
    Et j'étais bien
   
    [REFRAIN]
   
    Et tous ces oiseaux
    Qui étaient si bien
    Là-haut dans les nuages
    J'aurais bien aimer les accompagner
    Au bout de leur voyage
    Oui tous ces oiseaux
    Qui étaient si bien
    Là-haut dans les nuages
    J'aurais bien aimer les accompagner
    Au bout de leur voyage

Passons rapidement sur Le sud, résurrection de Ferrer en 75 aussitôt enterrée par Mario Cavallero qui la massacre sur ce Pop Hits n°19, pour nous intéresser à la non moins nullissime reprise du Chasseur de Delpech (Delpech qui, à la différence de Ferrer commença à déprimer assez tardivement et rata assez tôt son suicide, lui). Le chasseur, hymne à la culpabilité bobo, prolégomène  au terrible aveu de la rupture avec la nature, la tradition, la pêche et la chasse que fut l'année d'après Le loir-et-cher. Les Verts et Ségolène vont se battre pour utiliser Michel dans leurs meetings de campagne, tellement il fut précurseur d'un militantisme du dégout de la sauvagerie des us de la France profonde. On entendra des chœurs de vierges hululer l'amour aux oies sauvages. Haaaa.....

Mais je m'égare.

L'hommage actuel des parisiens de Delpech Mode devrait inciter la Star academy, propriété d'Universal également tenancière du catalogue de Delpech, à remettre l'ami Michel au goût du jour. De bien belles reprises à venir !

Pourtant, la musique n'est pas tout, sinon comment expliquer le succès de la collection Pop Hits. L'érotisme prisuniquien des pochettes attirait le chaland, déjà en mal d'économies et souhaitant tous les tubes du moment pour 29,95 F (selon les époques). Une belle photo et hop, le tour est joué, la concurrence est sauvagement écartée. On dissertera un autre jour sur le concept, l'esthétique et l'impact. Retenons aujourd'hui que c'est à nouveau le grand photographe Michel Laguens (un autre grand Michel) qui illustre notre pochette numéro 19, tout comme celle de la précédente chronique d'ailleurs (Du vent dans les voiles).

Michel Laguens donc, au style hamiltonien mais presque, roi des floutés et des shorts en lamé ou en strass, maître des semi-dénudements suggestifs à l'érotisme homéopathique, pygmalion des blondes fliasses mais parfois mignones. Quand célébrerons-nous dignement Laguens par une rétrospective à la Maison de la photo ? un beau catalogue Taschen ? ou un dvd pédagogique en supplément de Réponse à tout photo ? Hein, quand ?

Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.
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