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le ouèbe résolument 7.0

Pop Hits, le hit parade chanté, c'est 10 ans, 54 albums vinyl (et quelques musicassettes), 634 reprises de chansons et quelques inédites, les pochettes les plus cheesecake de la galaxie, la qualité française aux éditions Musidisc International, une quintessence musicale orchestrée, dirigée et digérée par le Ray Coniff hexagonal, Monsieur Mario Cavallero en personne : c'est Pop Hits, le hit parade chanté.
Hmmm !!!

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This web site is dedicated to a french series of cover compilations of "hits" during the 70's : Pop Hits, le Hit parade chanté. Songs of the moment (the best and the worst ones) were badly covered by Mario Cavallero, his orchestra and his singers. The seasonal productions were magnificaly packed into cheesecake covers. In fact, the main (only ?) interest of this site. Check out in priority our Des pochettes section to watch and enjoy this artwork, climax of the french touch.

Les Plus Du Service Pop Hits

écoutez, c'est le son Pop Hits

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9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 08:00
C'est ce que nous autres, music nerds, appelons un putain de 8-tracks battle.
 
tic tac tic tac


Fais comme l'oiseau (Voce abuso) extrait du Lear Jet Stereo 8 8-track cartridge (ce que nous autres techniciens du son appelons fort opportunément en français une cartouche 12 titres*) Philips Stéréo 7705 103 Forever and ever (aussi disponible en disque longue durée microsillon stéréo Philips 6332160 BY et musicassette Philips 4-355-2160 (mon Dieu : pourquoi fallait-il que j'acquière toutes ces bouses ?).
 
Les autres merdes de la liste sont extraites d'autres compilations de pépère Mauriat et son grand orchestre (Notez grand orchestre. Et savourez...). On les écoutera attentivement quand même, merci.







* Tout un chacun aura compris qu'il ne s'agit ici que d'un joke à destination, une private blague, une sorte de mélange des genres pour vous empatouiller le continuum espace-temps. Z'avez qu'à fouiller les comms des billets précédents pour connaître la véritable signification de ce que veulent dire "8", "track" et "garagiste clito-mamallien".
 
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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 14:30
C'est ce que nous autres, music nerds, appelons un putain de 8-tracks battle.

ping pong




 
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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 08:30
Un échantillon. Rien d'autre qu'un échantillon parmi d'autres galettes croupissant dans des étagères suédoises, attendant vainement d'être un jour aimées pour ce qu'elles sont, non pour ce qu'elles montrent, sous leurs atours qui chatoyent et affriolent (rrrrrrrrrhhhh).

Pas de bla-bla. Pas de verbiage alambiqué, pas de logorrhée didactique ni d'analyses nazebroques.

Pas de mises en perspective savantes par le truchement de recherches complémentaires sur Bide et musique et autres catalogues de nerderies débilitantes, chacun assouvira seul sa soif de curiosité malsaine en cliquant sur les pochettes (atteution ! lisez bien les commentaires en fin de pages de B&M, ils recèlent des pépites d'informations, qui vous permettront de découvrir que l'un de ces Apollon a ensuite été le producteur de Stéph de Monac pour Ouragan, un autre, aujourd'hui expert en peinture à l'Hôtel Drouot (non, pas le Golfe), s'est marié avec Rose Laurens, un troisième encore (ou plutôt des troisièmes) interpréta sous un autre nom la musique de la publicité la plus torride de la TV française, ou encore un autre encore et encore eut comme rejeton une sale petite gaucho de la Ville de Paris qui fut suppléante de mon ex lorsqu'elle se présenta contre Bouttin en 97, etc., etc., etc.). 

Vous ne trouverez dans ce billet de haute inventivité sensorielle (de niveau VII-b) encore moins d'artifices et avatars dénigrant morguement la richesse inventive des saltimbanques qui éclairent nos mornes vies sous des prétextes de goguenardise d'une hype urbaine compissant ses Gap en des joutes subculturellement justifiées. 

Pas de tout cela, juste un cri du cœur :

Leave Ringo alooooooone !
                   




 


























    



Oh, qu'on ne s'y méprenne pas : le bon goût ne fut pas l'apanage des seuls playboys du mitan des septantes. Dans les 80's aussi...


 



 



















































D'ailleurs, on se demande si par-delà l'avènement du socialo-communisme, certains n'auraient pas traversé l'espace et le temps par un habile mais détectable subterfuge ?
 

 


























Hopopop' ! Il ne s'agit pas seulement d'exhiber une tignasse savamment choucroutée à l'Elnett coiffant de sirupeux feulements à base d'amour impossible et d'érections contenues. Se choisir un nom, c'est tout un art de la combinatoire des prénoms, 6 lustres avant la démocratisation des générateurs automatiques de blases pour lardons en gestation :
 

 

 

















































Atteution quand même : il ne faut pas s'y tromper en surinvestissant la symbolique patronymique et en cherchant à y déceler des généalogies inavouables, sous de faux airs de famille, ce n'est ni le père de Coryne, ni le frère de Willy.
 

 



























Certes, choisir un nom n'est pas toujours le plus difficile, au regard de l'autre face du projet artistico-marketting : certains titres de chanson peuvent s'avérer... délicats :


 



























Un peu de charisme spirituel n'est pas non plus inutile, même si n'est pas Raël qui veut.


 





Enfin brefle, il serait peut-être bienvenu d'arrêter une bonne fois pour toutes la libération sexuelle, le MLF, les crèmes de jour Nivea for men et toute cette sorte de choses, sinon, pour la gent masculine, ça va mal finir. Oh la la, ça va mal finir.


Mais ça, évidemment, personne n'ose le montrer.



 

 
 
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15 août 2008 5 15 /08 /août /2008 13:00
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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 00:10




Atteution : la version normale du présent billet est risquée pour les épileptiques, alcooliques, enfants de moins de 36 mois et autres grognons qui flippent leur race en zieutant des images qui bougent trop vite.

Pour la version statique de ce billet, vous pouvez aller . 



Ils ont du bien torturer les fourmis quand ils étaient tout petits, les Mengele de l’indie pop, pour arriver si jeunes au paroxysme du sadisme musico-traumatique. OK Computer fut savamment élaboré comme instrument de ravage des esprits des petits-bourgeois occidentaux, présensibilisés à jouir dans l’agonie émotionnelle de mélopées neurasthénésiantes et suicidogènes. Plus cyniques et intelligents que ce que le wakenwo avait pu offrir jusques céans, Pink Floyd, Talking Heads, Lou Reed et autres Joe Jackson réunis, Radiohead est le nom de ce gang bien rodé pour découper avec délectation sur leur planche de boucher avec leur couteau à tartare les nerfs et âmes de leurs foules fanatisées et en tirer tous les fruits qu’un authentique groupe de rock peut espérer : puissance, dévotion, gloire. Et plein de flouze.


Oui bon d’accord, cet album n’est pas mauvais, loin de là. Ce n’est pas la question d’ailleurs, si ce n’est que, par des artifices émotionnels bien calibrés, la critique et le public perdent toute distance pour replacer cette musique pour ce qu’elle vaut : une collection de ballades geignardes et de rocks un peu énervés, entrelardés de langueurs mollassonnes propices à l’évasion lacrymale ou plus, selon qu’on aura pris en excès comme il se doit les doses requises de valium, binouze ou colle à PVC, selon arrivage. Écouté à jeun et si on n’a pas de problème au boulot, avec sa mère, sa banque, sa moitié et sa bagnole (ce qui n’est pas le plus évident du monde, c’est bien là la ficelle), OK Computer révèle sa tendance à enquiller les jérémiades en un chapelet spécifiquement peu primesautier. À croire qu’ils l’ont fait exprès. D’ailleurs : ils l’ont fait exprès.


Reprenons vaguement par le début. Objectivons. Analysons, décortiquons, disséquons, autopsions. Sortons du pathos et du plan market’ qui nous a mis dedans. Les idées froides, la tête à l’ombre, les pieds au soleil. L’album a été conçu assez tardivement dans les années 1990, à une époque où papes du trip-hop et autres cadors de la production hyper-léchée avaient su reprendre et parachever le labeur inachevé de la cold-wave des 80’s : faire chialer pour rendre dépendant, rendre dépendant pour obtenir pouvoir et subsides. Bon, dit comme ça, cela fait un peu parano et caricatural, mais si on garde les grands principes et qu’on se replonge dans la construction de l’album par les 5 intellos d’Oxford, ça paraît déjà nettement plus effrayant de calcul.
Ainsi, l’attaque du cédé (Airbag) a été conçue pour "faire du DJ Shadow", si on en croit difficilement nos oreilles et plus facilement les aveux que firent nos loustics. Le premier single et deuxième morceau, c’est tout pire encore plus :  Paranoid Android est une resucée du principe de Happiness is a warm gun, où Lennon avait composé d’abord 3 morceaux, puis les avait accolés pour faire une pièce complexe en trois actes. Let Down fut conçu pour finir "à la Portishead". usw. Plus généralement, sur Paranoid Android comme sur la plupart des autres chansons, les Radiohead ont expliqué diversement mais avec le même fil rouge qu’ils souhaitaient refaire un truc à la Abbey Road, le dithyrambique dernier album enregistré par les Beatles, dans les studios londoniens d’Abbey Road, justement là où nos 5 fripouilles avaient décidé de parachever les enregistrements des bricolages pondus dans leur studio d’Oxford.

Oh, on dira aussi bien souvent qu’il y a justement dans ce très étiré Paranoid Android un quelque chose de Bohemian Rhapsody. La facilité journalistique est à cet égard assez réjouissante pour qui souhaite se réconforter en démontrant qu’un appointé officiel peut raconter des bateaux aussi gros qu’un blogueur amateur. Parce que bon, faut quand même pas pousser mémé dans les orteils, la longueur et le foutraquisme de pièces pseudo baroques ne sauraient à elles seules justifier cette assertion. Celle-ci permet surtout de glisser incidemment, nonobstant et en loucedé que c’est grâce au subtilissime gratteux de Queen, Brian May, que Thom Yorke a décidé de devenir la plus grande rock star du monde, comme ce petit prétentieux aimait déjà à le narrer à ses acolytes de cours d’écoles qui faisaient bien alors de lui foutre des roustes dans sa petite trogne d’oiseau battu. De toute façon, il avait déjà un nœnœil crevé, ça rajoutera à son image de marque de rat écorché évadé d’un labo de manipulations neuropsychiatriques. Tout bénef.



Figure B : "Quoi ma gueule ?" (variation par Jean-Claude Goldberg). Photo Vidal-Lablache
 

Thom Yorke, justement, et son triple mobile : l’apparente rancœur d’un physique faussement disgracieux (Jouvet, Simon et Gainsbourg nous avaient joué la même serinette, et ils savaient tout aussi bien emballer ; y a quand même pas que des Damon dans la vie, faut sortir les mecs (quand je dis les mecs, j’embrasse aussi les filles hein)), le cerveau d’un médaillé Fields, tout ça couplé à la sagacité créatrice d’un Wolfgang Amadeus M. Et vas y que je te construis un beau mythe propre à justifier toutes les démarches un peu hors des voies traditionnelles des groupes de rock même un peu subtils. On fera ainsi passer la pillule d’albums hyper-produits (ah : Nigel Godrich... fils illégitime de Phil Spector et Bob Ezrin, pluggé avec un peu de la moelle épinière de Brian Eno) et de ces multiples messages ésotériques propres à faire accroire du moindre paragraphe de Bernard Werber qu'il est bon pour l’Encyclopædia Universalis. Et que je te balance des références au Guide de l’auto-stoppeur galactique, à la chance de ne pas crever dans un accident de voiture grâce à des airbags potentiels, aux voyages d’infraterrestres depuis les dylannesques profondeurs de notre planète, à ces yeux brûlants qui vous regardent dormir à travers vos vitres parce que vous avez oublié de tirer les rideaux mais heureusement que vous avez un bouton d'alarme, à des robots paranoïaques, à une Sarah qu'on invite à me tuer et autres police karmique... Ron Hubbard, réveille-toi : ils sont devenus fous !

On aurait bien tort de mésestimer ces raisons fallacieuses mythifiant Yorke, son cerveau, sa vie difficile, son charisme de télévendeur d’aspirateurs de table et ses 4 poteaux boutonneux, parce qu’elles sont la clé de voûte et la pierre angulaire de l’édifice de la carrière du groupe, OK Computer posé comme la construction emblématique des plus juteuses et des plus explicites.
N’hésitons pas à jeter de côté les apparentes nouveautés de l'album, et replongeons-y pour en exhumer la discographie finissante déjà citée des Beatles, les concept albums lénifiants des grands de la progressive que furent Pink Floyd ou Genesis, les bidouillages au cœur des parcours scolaires des producteurs les plus émérites, les disques des pontes de l'electro down-tempo : c’est que du pareil ! Ils ont tout pompé, les sagouins ! De beaux copier-coller, avec même certaines phrases musicales tellement proches (merci Sexy Sadie) que c’en est chelou grave de chez groove.

Plus généralement, c’est l’esprit maléfique de rockers qui ont oublié d’être cons et qui planifient avant leurs albums tels les Patton des charts indés. Pas un poil d’impréparation. Tout ce qui n’a pas été prévu explicitement a été préconditionné par la construction laborantine des conditions optimales, chaque ingrédient posé préalablement sur la paillasse pour que l’alchimie soit au mieux contrôlée, calibrée. Pas d’énervement ni de prises de son en une seule fois : on écrit, on discute, on bavasse, on trace les plans de l’album sur Autocad, on gère le timing et les ressources sur SAP. La méthodologie de projet a trouvé ses maîtres, et les ingénieurs de chez Toyota peuvent remballer leurs 6 sigma et autres total quality managing process. Radiohead pond des albums comme on lance des "innovations" technologiques chez Procter & Gamble : on pique les meilleures molécules existantes, on fignole un super packaging flashy et on alloue un budget com’  pour le lancement digne du PIB des Hauts-de-Seine.


Pas de surprises donc de se retrouver avec des chansons taillées au cordeau sur des mélodies somme toute assez pauvrettes. Aucun étonnement que des cinéastes aussi fins, subtiles et dentelliers que Cédric Klapish priment un No surprises (voir notre vidéo clup ci-dessus, fig. B) et autres OK computeries pour émailler les instants pleurnichards de ses films pour adulescents. Point de révélation que cet album ne fut scientifiquement conçu pour produire autre chose que ce qu’il devait produire.
Le titre de l'album lui-même, semi aveu de l’importance de l’ordinateur, le finale de Let Down dont les bilibilip furent tirés du Sinclair ZX Spectrum que tout nerd bien formé chérit dans son cœur, ou encore la trop évidente liste postmoderne Fitter happier paresseusement récitée non par Stephen Hawking mais via Mackintalk, robot de synthèse vocale dont abusent depuis 15 ans tous les nouveaux possesseurs de  pendant la première semaine de leur acquisition, puis passent à autre chose, on va pas en rester là, quand même. Belle hypocrisie d’ailleurs que de se gausser de Bill Gates, les Radiohead n’étant pas beaucoup moins carriéristes et calculateurs que celui qu’ils cherchent à diaboliser (remarque, c’était légèrement plus courageux que de taper dans le même album sur des politiques déjà retirés des ouatures en 97, Thatcher et autres Major dénoncés au fil des Electioneering et autres occurrences et messages cachés au fil de l’album fourre-tout). 

 

 


On ne va pas éplucher tout l’album, ce serait lourdingue et d’autres savent le faire avec autrement plus de talent et d’à-propos. Reste donc cette tonalité générale de s’être fait avoir mais d’y prendre son pied, consentantes victimes du machiavélisme de ce hold-up émotionnel à peine moins grossier qu'un Von Trier ou un Almodovar. Une bonne chialade, une simili-dépression, un quasi nervousse bréquedone : voilà ce qu’on recherche à l’écoute d’OK Computer. Pas besoin de faire croire par dessus le marché que ce disque est génial. Il est efficace, ni pu ni moins.
 

 

Mais ça, bien évidemment, personne n’ose le dire.

 
La note :  B'en, pour vous faire plaisir...
 

La raison de cette chronique moins Pop Hits que Top of the flops ? Z'avez qu'à suivre le lien et vous informer sur d'autres révélations exclusives et brillantes sur la vérité vraie des baudruches musicales qu'on veut nous faire prendre pour des carrosses.

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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 00:04


Pour la version normale de ce billet, vous pouvez aller . Atteution : la version normale est risquée pour les épileptiques, alcooliques, enfants de moins de 36 mois et autres grognons qui flippent leur race en zieutant des images qui bougent trop vite.



Ils ont du bien torturer les fourmis quand ils étaient tout petits, les Mengele de l’indie pop, pour arriver si jeunes au paroxysme du sadisme musico-traumatique. OK Computer fut savamment élaboré comme instrument de ravage des esprits des petits-bourgeois occidentaux, présensibilisés à jouir dans l’agonie émotionnelle de mélopées neurasthénésiantes et suicidogènes. Plus cyniques et intelligents que ce que le wakenwo avait pu offrir jusques céans, Pink Floyd, Talking Heads, Lou Reed et autres Joe Jackson réunis, Radiohead est le nom de ce gang bien rodé pour découper avec délectation sur leur planche de boucher avec leur couteau à tartare les nerfs et âmes de leurs foules fanatisées et en tirer tous les fruits qu’un authentique groupe de rock peut espérer : puissance, dévotion, gloire. Et plein de flouze.


Oui bon d’accord, cet album n’est pas mauvais, loin de là. Ce n’est pas la question d’ailleurs, si ce n’est que, par des artifices émotionnels bien calibrés, la critique et le public perdent toute distance pour replacer cette musique pour ce qu’elle vaut : une collection de ballades geignardes et de rocks un peu énervés, entrelardés de langueurs mollassonnes propices à l’évasion lacrymale ou plus, selon qu’on aura pris en excès comme il se doit les doses requises de valium, binouze ou colle à PVC, selon arrivage. Écouté à jeun et si on n’a pas de problème au boulot, avec sa mère, sa banque, sa moitié et sa bagnole (ce qui n’est pas le plus évident du monde, c’est bien là la ficelle), OK Computer révèle sa tendance à enquiller les jérémiades en un chapelet spécifiquement peu primesautier. À croire qu’ils l’ont fait exprès. D’ailleurs : ils l’ont fait exprès.


Reprenons vaguement par le début. Objectivons. Analysons, décortiquons, disséquons, autopsions. Sortons du pathos et du plan market’ qui nous a mis dedans. Les idées froides, la tête à l’ombre, les pieds au soleil. L’album a été conçu assez tardivement dans les années 1990, à une époque où papes du trip-hop et autres cadors de la production hyper-léchée avaient su reprendre et parachever le labeur inachevé de la cold-wave des 80’s : faire chialer pour rendre dépendant, rendre dépendant pour obtenir pouvoir et subsides. Bon, dit comme ça, cela fait un peu parano et caricatural, mais si on garde les grands principes et qu’on se replonge dans la construction de l’album par les 5 intellos d’Oxford, ça paraît déjà nettement plus effrayant de calcul.
Ainsi, l’attaque du cédé (Airbag) a été conçue pour "faire du DJ Shadow", si on en croit difficilement nos oreilles et plus facilement les aveux que firent nos loustics. Le premier single et deuxième morceau, c’est tout pire encore plus :  Paranoid Android est une resucée du principe de Happiness is a warm gun, où Lennon avait composé d’abord 3 morceaux, puis les avait accolés pour faire une pièce complexe en trois actes. Let Down fut conçu pour finir "à la Portishead". usw. Plus généralement, sur Paranoid Android comme sur la plupart des autres chansons, les Radiohead ont expliqué diversement mais avec le même fil rouge qu’ils souhaitaient refaire un truc à la Abbey Road, le dithyrambique dernier album enregistré par les Beatles, dans les studios londoniens d’Abbey Road, justement là où nos 5 fripouilles avaient décidé de parachever les enregistrements des bricolages pondus dans leur studio d’Oxford.

Oh, on dira aussi bien souvent qu’il y a justement dans ce très étiré Paranoid Android un quelque chose de Bohemian Rhapsody. La facilité journalistique est à cet égard assez réjouissante pour qui souhaite se réconforter en démontrant qu’un appointé officiel peut raconter des bateaux aussi gros qu’un blogueur amateur. Parce que bon, faut quand même pas pousser mémé dans les orteils, la longueur et le foutraquisme de pièces pseudo baroques ne sauraient à elles seules justifier cette assertion. Celle-ci permet surtout de glisser incidemment, nonobstant et en loucedé que c’est grâce au subtilissime gratteux de Queen, Brian May, que Thom Yorke a décidé de devenir la plus grande rock star du monde, comme ce petit prétentieux aimait déjà à le narrer à ses acolytes de cours d’écoles qui faisaient bien alors de lui foutre des roustes dans sa petite trogne d’oiseau battu. De toute façon, il avait déjà un nœnœil crevé, ça rajoutera à son image de marque de rat écorché évadé d’un labo de manipulations neuropsychiatriques. Tout bénef.



Figure B : "Quoi ma gueule ?" (variation par Jean-Claude Goldberg). Photo Vidal-Lablache
 

Thom Yorke, justement, et son triple mobile : l’apparente rancœur d’un physique faussement disgracieux (Jouvet, Simon et Gainsbourg nous avaient joué la même serinette, et ils savaient tout aussi bien emballer ; y a quand même pas que des Damon dans la vie, faut sortir les mecs (quand je dis les mecs, j’embrasse aussi les filles hein)), le cerveau d’un médaillé Fields, tout ça couplé à la sagacité créatrice d’un Wolfgang Amadeus M. Et vas y que je te construis un beau mythe propre à justifier toutes les démarches un peu hors des voies traditionnelles des groupes de rock même un peu subtils. On fera ainsi passer la pillule d’albums hyper-produits (ah : Nigel Godrich... fils illégitime de Phil Spector et Bob Ezrin, pluggé avec un peu de la moelle épinière de Brian Eno) et de ces multiples messages ésotériques propres à faire accroire du moindre paragraphe de Bernard Werber qu'il est bon pour l’Encyclopædia Universalis. Et que je te balance des références au Guide de l’auto-stoppeur galactique, à la chance de ne pas crever dans un accident de voiture grâce à des airbags potentiels, aux voyages d’infraterrestres depuis les dylannesques profondeurs de notre planète, à ces yeux brûlants qui vous regardent dormir à travers vos vitres parce que vous avez oublié de tirer les rideaux mais heureusement que vous avez un bouton d'alarme, à des robots paranoïaques, à une Sarah qu'on invite à me tuer et autres police karmique... Ron Hubbard, réveille-toi : ils sont devenus fous !

On aurait bien tort de mésestimer ces raisons fallacieuses mythifiant Yorke, son cerveau, sa vie difficile, son charisme de télévendeur d’aspirateurs de table et ses 4 poteaux boutonneux, parce qu’elles sont la clé de voûte et la pierre angulaire de l’édifice de la carrière du groupe, OK Computer posé comme la construction emblématique des plus juteuses et des plus explicites.
N’hésitons pas à jeter de côté les apparentes nouveautés de l'album, et replongeons-y pour en exhumer la discographie finissante déjà citée des Beatles, les concept albums lénifiants des grands de la progressive que furent Pink Floyd ou Genesis, les bidouillages au cœur des parcours scolaires des producteurs les plus émérites, les disques des pontes de l'electro down-tempo : c’est que du pareil ! Ils ont tout pompé, les sagouins ! De beaux copier-coller, avec même certaines phrases musicales tellement proches (merci Sexy Sadie) que c’en est chelou grave de chez groove.

Plus généralement, c’est l’esprit maléfique de rockers qui ont oublié d’être cons et qui planifient avant leurs albums tels les Patton des charts indés. Pas un poil d’impréparation. Tout ce qui n’a pas été prévu explicitement a été préconditionné par la construction laborantine des conditions optimales, chaque ingrédient posé préalablement sur la paillasse pour que l’alchimie soit au mieux contrôlée, calibrée. Pas d’énervement ni de prises de son en une seule fois : on écrit, on discute, on bavasse, on trace les plans de l’album sur Autocad, on gère le timing et les ressources sur SAP. La méthodologie de projet a trouvé ses maîtres, et les ingénieurs de chez Toyota peuvent remballer leurs 6 sigma et autres total quality managing process. Radiohead pond des albums comme on lance des "innovations" technologiques chez Procter & Gamble : on pique les meilleures molécules existantes, on fignole un super packaging flashy et on alloue un budget com’  pour le lancement digne du PIB des Hauts-de-Seine.


Pas de surprises donc de se retrouver avec des chansons taillées au cordeau sur des mélodies somme toute assez pauvrettes. Aucun étonnement que des cinéastes aussi fins, subtiles et dentelliers que Cédric Klapish priment un No surprises (voir notre vidéo clup ci-dessus, fig. B) et autres OK computeries pour émailler les instants pleurnichards de ses films pour adulescents. Point de révélation que cet album ne fut scientifiquement conçu pour produire autre chose que ce qu’il devait produire.
Le titre de l'album lui-même, semi aveu de l’importance de l’ordinateur, le finale de Let Down dont les bilibilip furent tirés du Sinclair ZX Spectrum que tout nerd bien formé chérit dans son cœur, ou encore la trop évidente liste postmoderne Fitter happier paresseusement récitée non par Stephen Hawking mais via Mackintalk, robot de synthèse vocale dont abusent depuis 15 ans tous les nouveaux possesseurs de  pendant la première semaine de leur acquisition, puis passent à autre chose, on va pas en rester là, quand même. Belle hypocrisie d’ailleurs que de se gausser de Bill Gates, les Radiohead n’étant pas beaucoup moins carriéristes et calculateurs que celui qu’ils cherchent à diaboliser (remarque, c’était légèrement plus courageux que de taper dans le même album sur des politiques déjà retirés des ouatures en 97, Thatcher et autres Major dénoncés au fil des Electioneering et autres occurrences et messages cachés au fil de l’album fourre-tout). 

 

 


On ne va pas éplucher tout l’album, ce serait lourdingue et d’autres savent le faire avec autrement plus de talent et d’à-propos. Reste donc cette tonalité générale de s’être fait avoir mais d’y prendre son pied, consentantes victimes du machiavélisme de ce hold-up émotionnel à peine moins grossier qu'un Von Trier ou un Almodovar. Une bonne chialade, une simili-dépression, un quasi nervousse bréquedone : voilà ce qu’on recherche à l’écoute d’OK Computer. Pas besoin de faire croire par dessus le marché que ce disque est génial. Il est efficace, ni pu ni moins.
 

 

Mais ça, bien évidemment, personne n’ose le dire.

 
La note :  B'en, pour vous faire plaisir...
 

La raison de cette chronique moins Pop Hits que Top of the flops ? Z'avez qu'à suivre le lien et vous informer sur d'autres révélations exclusives et brillantes sur la vérité vraie des baudruches musicales qu'on veut nous faire prendre pour des carrosses.

Pour commenter, merci d'utiliser la version normale de ce billet, vous pouvez aller 

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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 08:00
Lire aussi ici.

Une guitare folk, un auditoire béat de Fnac de province, un cardigan jacquard col V : la Duteil attitude offre aux rock stars les plus bruyantes comme aux moins rebelles les outils idoines pour faire chialer sa mère même le premier nazi venu. Alors faire chouiner des plèbes grungeasses post-pubères occidentales, pensez donc ! C'est le Super banco, la prime de Noël et le cul de la crémière en bonus, les couilles en or serties d'une couronne de Youkounkouns 24 carats de quoi se les dorer thermostat 32° pour le restant de ses jours à Bora-Bora ou Pontaut-Combault. Sauf si on choisit l'option .22 long riffle dans le citron, ce qui gâche un tantinet le plan épargne retraite avant terme.

Brefle : Nirvana, qui avait su ripoliner avec talent Guns & Roses à la glycéro Pixies coupée My Bloody Valentine, a suspendu son chantier de forage in-shore à la super-drill 24 tonnes dans les esgourdes de la planète préadulte en se la jouant Vincent Delerm avant l'heure. Euh, Delerm, mais avec des guitares quand même. Débranchées, certes, mais des guitares (d'ailleurs, du piano unplugged, c'est moyennement trippant : on dirait du Clayderman ou du Glenn Gould).

Pourtant, ce sont de bons bougres les Nirvana : de la sueur, des cris, des riffs bien gras, une rythmique faisant passer des schnarpels serbes pour un paquet de shamallows, et des putains de bons albums d'un rock électrique et tripppier dont la furie des concerts donnait davantage dans l'éclosion des pop corns au cœur du Vésuve qu'à une surboum de collégiennes taïwannaises, fusse-t-elle animée par Tokio Hotel et David Guetta réunis. Pas toujours original, certes, mais le plus souvent sincère et sans graves compromissions, le métal de Nirvana, autrement dénommé "grunge" par les marketteux de Geffen - Sub Pop et les abonnés à Best, était une soudaine fontaine de Jouvence (je te raconte pas le nectar qu'ils ont balancé tout d'un coup sur les ondes FM : ils ont du arrêter la production, ça rendait sourd) après une décennie de saxophone, de DX7 et de solos de guitare supersoniques. A trois, les zozos du Pacifique septentrional états-unien (de Seattle quoi) foutaient un barouf suffisamment urticant pour que les artys nouillorquais de Sonic Youth découvrent subitement qu'ils étaient déjà devenus de vieux croûtons du wakenwo.

Alors, avec un tel pédigrée à faire pâlir Blue Oyster Cult et Bernie Bonvoisin, que sont-ils allés se faire enregistrer sur un dictaphone de mauvaises démos dans le cadre d'une émission transgénérationnelle d'une chaîne thématique du câble planétaire, abandonnant à leur cave humide leurs Marshall 200 W, distors', noise gate et autres trash master en rack pour de pathétiques gratouillis carlabrunesques incapables de dépasser le 15 dB.

Et si ce n'était que le volume : mais le rythme aussi ! Quelle mollesse, mais quelle mollesse (passe moi Boudoni, passe-moi Boudoni) ! Comment ces pyromanes patentés ont-ils pu sombrer dans une telle neurasthénie sonore ? (pour la neurasthénie mentale, on a la réponse, pas besoin d'envoyer des SMS svp merci). C'est si flasque que même un épileptique n'arriverait pas à headbanguer sur le moindre morceau, fût-il parkinsonnien.
Ce qu'on y gagne en évitant les incontournables slows-de-la-mort-qui-tue avec guitare plaintive et voix childintimesque obligatoire pour tout album de hard-rock des années 80, on le perd dans la durée de tout un album de bluettes fadasses à peine bonnes à faire dodeliner de l'occiput un troupeau de majorettes démobilisées. Y a de quoi regretter les 3'40 de Still loving you.

Parce qu'enfin : tout ça pour quoi, alors ? B'en pour emballer les gonzesses, et partant pour se la jouer ensuite beau comme Crésus. Eh bé ui, faut pas croire : dégainer comme ça la guitare-à-pécho© et en tartiner une pleine galette sous la forme d'un didacticiel pédagogique audiovisuel pour rouler des galoches à sa voisine en 7 minutes chrono, avec prétexte culturel façon La guitare à Dadi et bonus multimédia (parce que ce n'est pas qu'un disque, mais aussi une vidéo), ça le fait pas rebelle, mais golden boy, alors là, escusez du pneu ! De quoi se tirer une balle dans la tête (oups, désolé).
Le business plan du Unplugged in NY est à cet égard bien troussé, avec la première larme qui soulève les foules et le deuxième effet kiss cool qui ramasse la monnaie (en avant la zizique, et par ici les gros sous comme disait l'autre). 

Phase 1, tu cibles les gamines (approximativement les lycéennes mais des étudiantes en fac ou des jeunes capessiennes feront aussi très bien l'affaire). Tu te loques avec un vieux gilet pourrave mais quand même en mohair, tu te laves les cheveux pour une fois (pas trop fort tout de même), tu les coiffes avec le fer à repasser de ta mômon, tu demandes à tes potes de la mettre un peu en veilleuse côté rythmique sinon on ne s'entend plus se ronger les ongles, tu allumes quelques bougies parfumées chopées à Nature & Découvertes et tu convies quelques auditeurs d'une station FM de province, le tout dans un vieux hangar retapé qu'on appellera loft. On appuie sur Rec, et vas-y comme je te lève de la poulette en susurrant avec plein de fausses notes des tueries du rock passées au Tranxène et au rouleau compresseur, rectifiées à la Cajoline, en n'omettant pas de temps à autres de te remettre tes mèches propres de l'autre côté du crâne par un gracieux jeté arrière de la nuque, dévoilant dans le même mouvement tes yeux de jade et ton sourire enjoleur bordé du fin duvet d'une barbichette entretenue à la Remington sabot 7mm, celui qui donne un effet "rasage de 3 jours" garanti. Et là, les meufs, elles baaaaaaavent.

Et elles achètent ton disque.

Pour les mecs, ce n'est pas plus difficile : tu gardes la phase 1 (allumage de midinette) et tu fais croire aux grands nigauds qu'ils sont capables d'en faire autant. D'où l'intérêt de rendre ta musique et son interprétation les plus abordables possibles, afin qu'elles puissent être imitées avec pas beaucoup plus de talent qu'un ado pour faire vrombir sa 103 SP (ça marche aussi avec un scotaire, une Ibiza TDi ou un tourniquet de métro, selon le profil socio-économique dudit ado). Tu simplifies à l'extrême les riffs déjà basiques de tes chansons, jusqu'à faire de Come as you are le Jeux interdits de la fin de siècle. Tu te permets même de chanter mal (Oh mon dieu, le massacre de Cobain sur Pennyroyal Tea ou sur Lake of fire, j'ai l'impression d'un candidat à la Nouvelle star) et de foirer au moins 4 accords par chanson :
1° tu paraîtras plus humain ;
2° tu décomplexeras ta cible masculine, qui se rêvera alors tout éveillé comme le rival d'une des plus grandes rock stars, et qui te vouera alors reconnaissance éternelle (d'où nouvelles pépettes in your pocket : puisqu'on te dit que c'est Las Vegas !).

Démonstration :


Et voilà, c'est tout.

Bon, comme ça leur a quand même un peu foutu la honte aux Nirvana de jouer comme des lavettes, ils ont fait gober qu'ils allaient rendre de super hommages à de super artistes (la plupart super pas connus d'ailleurs), ce qui leur a évité de ringardiser une part trop significative de leur répertoire alors encore étique (3 vrais albums au compteur, plus les fonds de tiroir à venir dignes des soldes chez Kiabi).
Ce ne sont pas les Meat Puppets et autres Vaselines (sans déc', c'est leur nom) qui allaient cracher sur les royalties (quelques penny...). En revanche, le pépère Bowie a été salement contrit, pour ainsi dire vexé comme
un pou, par la reprise de The man who sold the world, humilié par la transmutation de ce morceau de fond d'album (même s'il en donna le titre) en un tube imparable (en même temps qu'en une compote mollement sucrée ingurgitable dans n'importe quel menu Best of par tout ce que la galaxie compte de suicidiaires, d'adulescents mal déniaisés et de centristes du Modem).

Pour égayer la prestation télévisuelle de ce vague trio semi-acoustique, nos graisseux sortis tout propres du pressing ont convié ici un violoncelle pour faire roots et solennel, là un harmonium bandonéique pour sonner bohème et cocasse (Novoselic a ramassé cet accordéon d'études désaccordé dans un vide-grenier roumain ou quoi ?), nous épargnant de justesse l'intégrale des instrus de Rémi Bricka en tranches pas trop fines. Le moment le plus gênant demeure l'incursion country-folk de Plateau : n'est pas Neil Young qui veut (surtout quand on singe les tics vocaux de Dolly Parton).

Bon, ceci dit, on se demande si nos hardos (b'en ui, ils sont quand même de la même veine que les Led Zep, QOTSA et autres Europe, non ?) n'ont pas plombé (re-oups, re-désolé) leur production impeccable (bien que dénigrée par quelque béotien en manque de goût musical criant) avec cette incartade emmetivienne un peu neuneu (Remarque : même les Beatles se sont fait eu par le petit écran, leur Magical mystery tour étant au moins aussi pathétique, bien que plus rigolo toutefois).

La réponse est sans hésitation affirmative : le métal, c'est du bruit, du bruit, du bruit. Éventuellement avec un orchestre symphonique. Mais d'abord et toujours plein de bruit, de la sueur, des jeans élastiques à grosses rayures noires et blanches, des solos TGV, des pieds de micro qui tombent et sont redressés par les roadies, des lance-flammes et des fumigènes. Du rock, quoi. Mais pas un ocarina et deux folks d'occas' gratouillées avec une chouette bande de copains en cardigan lors d'une veillée de Pâques au patronnage de Sainte-Courtney-les-Bisounours.

Non, là : ça craint.

Mais ça, bien évidemment, personne n'ose le dire.



La note :  Ah ouais, d'accord...
 

La raison de cette chronique moins Pop Hits que Top of the flops ? Z'avez qu'à suivre le lien et vous informer sur d'autres révélations exclusives et brillantes sur la vérité vraie des baudruches musicales qu'on veut nous faire prendre pour des carrosses.



 
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6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 19:00
Faire toaster avec classe Jimmy Cliff sur du Jean-Michel Jarre, c'est l'avantage concurrentiel que les bristoliens de Massive Attack possèdent sur le reste de la scène électro anglo-continentale. Porte-étendards de ce que les journalistes de la Fnac et les auditeurs mayennais de Bernard Lenoir nomment le trip hop, le "groupe", tantôt trio, tantôt duo quand il ne se résume pas à une entreprise unipersonnelle, égrène ses productions de lustre en lustre, cultivant l'attente de ses fans pour mieux écouler les galettes rendues plus rares, à défaut d'être plus fraîches. 
Car enfin ! : pourquoi se gargariser de ces glauques et convenues compilations d'ambiances sonores pour galeries marchandes alors que ces bidouilleurs au charisme de pelleteuse agricole ne font que caresser dans le sens du poil l'atavisme cocoonier régressif de foules adulescentes en mal de morbidité synthétique et binaire pour rendre moins plates leurs invitations à l'apéro dînatoire de leurs voisins d'escalier dont ils espèrent, en de soyeuses convivialités d'immeubles de centre-villes, retisser le tissu social atomisé par l'individualisme grandissant d'une société en mal de repères identitaires. 

Massive Attack, donc. Y a pas mieux pour repartir à l'assaut d'une identité dissoute et rebâtir une grille culturelle commune, avec force volupté morbide d'une musique patchwork, collage de gommettes musicales chopées dans des vieilleries vinyliques provenant de Detroit, Kingston et Blackpool, catalogue post-moderne de références, enfilées en chapelets de petites madeleines de rock, pop et soul comme autant de validations de passages obligés d'une érudition musicologique subculturelle labellisée Wire et NME (alors qu'elles s'adressent surtout aux lecteurs de Roque et Floque). 

Comble de ce dandysme prozaquien que même cette loque de des Esseintes aurait compissé, Mezzanine dispute au roublard OK Computer le titre d' "album des années 90" par son enfilage au kilomètre et à la tonne de bravoures funèbres rythmées par un dub mollasson et assaisonnées d'échantillons périmés mais z-incontournables de nouwève dûment estampillée "atteution : morceau culte". Rompant avec la blue eyed soul honnête bien que peu originale de ses deux premiers albums et demi (et demi si l'on crédite le ramasse fric No Protection, compilation de remixes pour warm up de bar-mitzvah par le très scolaire Mad Professor), brefle, cherchant à renouveler sa machine à cash en anticipant sur l'annoncé revival cold wave qui n'allait alors tarder (on était en 98), les trois loustics ont gardé les mêmes recettes en les agrémentant de nouveaux condiments putassiers dont on peut faire une rapide visite guidée. 

Au chapitre du concept fort, marque déposée et procédé caractéristique de base permettant l'indexation facile pour analyses érudites de JT de chaînes hertziennes et autres conversations de BDE d'écoles de commerce, Massive (comme on dit dans notre jargon de technico-commerciaux de chez Canon) invite des beugleuses à la voix éthérée pour punaiser dans la stratosphère des mélodies sirupeuses que des infrabasses numériques tendent à riveter à la croûte terrestre dans un mouvement diamétralement inverse. Tiraillement auditif, dissociation phonique, brouillage des perceptions auriculaires (sans contrepèterie), ce décalage sensoriel génère un malaise interne, comme un mauvais jetlag, ou pire : comme un roulis persistant après le passage en bac de Douvres à Calais.
Le trouble est amplifié par la grâce angeline des stridulences d'une Liz Fraser échappée des Cocteau Twins empopisés ou d'un Horace Andy promenant sa voix de fausset sur des mélopées légèrement moins cannabiques qu'à son habitude, quoique. Ces voix féminines et tourneboulantes tendent à transporter l'auditeur dans un métamonde onirique où il appréciera la justesse des tweeters de ses enceintes B&O et
la suavité d'un splif de marocain de première bourre. Tels des Gainsbourg rosbifs, les Massive Attack font pousser jusque contre-uts quasi ultrasonores la crème des chanteuses-à-QI anglo-saxonnes, de Tracey Thorn (la chanteuse d'Everything but the girl, pas la hardeuse, voyons) à la très constante et jamais agaçante hystéro catho anti-papiste Sinead O'Connor. Remarque, il ne s'agit nullement d'une critique mal intentionnée mais d'un hommage à leur présence d'esprit, vu qu'ils chantent comme des Jean-Patrick Capdevielle mal dégrossis de leur dernière cuite à la Brains, les trois chimistes numériques de Massive Attack. 

Car oui, Mezzanine n'est pas uniquement cet attrape-couillon magique et vendeur à l'excès parce qu'il réunit de bonnes chanteuses en les faisant exécuter quelques pop songs potables catapultées par-delà les octaves depuis des nappes de synthé piquées à Tangerine Dream, cet album est avant tout l'édification professionnelle certifiée ISO 8004 d'une "charte de références à l'usage des producteurs de groupes d'électro et de rock européen", donnant les règles et les sources constituant le cahier des charges désormais obligatoire pour la production de tout album durant les années 2000. 

Côté sources, Mezzanine se garde bien de n'utiliser que des samples originaux (originaux dans le sens "provenant directement des artistes pompés", pas dans le sens "étonnants", vu que la réutilisation du gimmick sabbato-nocturne de Cure et d'autres micro-extraits de lieux-communs de la pop octante au fil des chansons de Mezzanine est plus qu'éculée (aucune contrepèterie non plus)). L'album revisite aussi, par des sonorités allitérantes bien qu'en plusieurs points distinctes des versions originales ici pillées, les plus grands succès des années 70 blaxploitatiques et les plus sûres sonorités post-punk des eighties anglaises, sans en reprendre exactement mélodies et harmonies (pour des raisons de droits d'auteur ? allez savoir), les épousant jusqu'aux moindres clichés pour produire au finale un disque qu'on a l'impression d'avoir entendu 10 000 fois ("Ah ouais, j'connais. Y sont super, faut que je les achète là") mais qui paraît d'une folle modernité ("Ouh la la ! ce que c'est moderne !"). 

Côté règles, rien de bien nouveau pour ceux qui ont du pognon pour se faire produire par une major, mais une nouvelle exigence pour tout un chacun (les fameux 80%) qui veut se la péter en sortant encore un album inutile dans le commerce et qui contribua notablement à la transformation du rock, hier humble composition de chansons avec une guitare, trois accords et deux litres de bière, aujourd'hui savante programmation de scripts Java avec force renforts de Coca-light et autres fonds d'écran Simpson (Homer ou Jessica, c'est selon) : une équipe de nerds bricole chez soi des loops et des samples ("Ouh la la ! ça aussi ça sonne moderne"), les glisse par mail au chef de projet multimédia qui les compile sur des sortes de Power-points sonores, reliftés par d'autres mecs encore pour ne pas faire crasher les ondes FM, pour finir de temps à autres en tête de gondole, le plus souvent en fonds de bacs, sous forme de cédés avec livret collector en une bouillie très onctueuse, ici une oppressante purée Mousline dont les morceaux de jambon auraient été remplacés par des vieux cafards pourris et dont on fera avec mélancolie un petit volcan pour mettre ses larmes dedans (faut qu'ça chiale, c'est du trip hop). 

On pourrait lire dans les lignes précédentes une certaine acrimonie narquoise devant ce procédé tiré du marketing sonore de la plus belle facture. Bah, laissons les fans éructer leur indignation bien légitime (car chacun sait qu'un fan d'électro est parfaitement incapable de tout jugement musical digne d'intérêt) puisqu'il n'en est rien : il s'agit ici d'une bêtasse description objective et démythifiée d'un album pas trop mal torché mais qui, à l'écoute de chacun de ses morceaux comme de son ensemble, ne fait finalement que s'attacher à tromper les sens des auditeurs en usant et abusant de sonorités et d'ambiances hyperémotives et vaguement mortifères. Il est vrai qu'il est toujours plus risqué d'offrir à son auditoire des musiques aux structures innovantes qui ouvriraient des portes à la création d'imaginaires fertiles et critiques plutôt que de leur balancer des excursions nostalgiques dans le top 20 des albums pour chaînes hi-fi, glauques bluettes flatteuses et confortables, rarement curieuses, jamais dérangeantes. 


Allez, faut-il conclure sans donner au moins quelque satisfecit à l'un ou l'autre des caractères notables de ce bricolage talentueux ? Un bon point pour le mixage ? Une breloque pour la délicatesse des drapés ? L'accolade pour un bon moment passé sur la route des RTT d'un mois de mai vers la Normandie à donf' sur le Blaupunkt de l'Ibiza Tdi ? Hm ? Nan. Que dalle ! Ce n'est pas parce que Mezzanine n'est pas mauvais qu'il est bon pour autant ; la filouterie de sa production de saurait faire oublier la banalité de ses chansons et la malhonnêteté de sa production markettée. 

Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.



La note :  M'ouais...
 


La raison de cette chronique moins Pop Hits que Top of the flops ? Z'avez qu'à suivre le lien et vous informer sur d'autres révélations exclusives et brillantes sur la vérité vraie des baudruches musicales qu'on veut nous faire prendre pour des carrosses.

 
 
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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 10:36
Le Jean Roucas du wakenwo hexagonal a décroché le Vermot d'or il y a bientôt deux lustres en jouant faussement au fantaisiste de garnisons. Fantaisie militaire donc, dont la presse a unanimé ses dithyrambes à l'agonie jusqu'à faire taire les rares gens de goût qu'on ne saurait tromper avec ce ramassis gélatineux d'ambiances mortifères emballant un baratinnage qu'icelui croit poétique alors qu'il est seulement le dégueulis d'un générateur automatique de traductions serbo-coréennes. Car enfin : on nous tartine du génie sensible où il n'y a qu'approximations du message, de la prose extatique là où les paroliers ont joué à qui mieux-mieux à un Pictionary verbal dont furent nuitamment glanées les fulgurances de réponses d'une vraisemblable troupe d'agrégés vaguement avinée au gigondas. Si ce n'est ça, c'est tout comme. 

Parce que franchement, quoi de jouissif de soigner les hommes à poigne, de soulager des patissières, èrent, èrent ? non mais je vous jure : plus pédant tu meurs. Certains morceaux sont de virtuoses et scolaires pérégrinations en de ribambellesques allitérations et autres exercices phonétiques de deuxième année de Lettres classiques. "Dresseur de loulous, dynamiteur d'aqueducs". M'ouais... "Beuh-a Bah Beuh-i Bih Beuh-o Boh" ânonne aussi fièrement le neveu de ma concierge découvrant la gaieté de la langue française dans son palais rebondissant. 

Pas une de la douzaine de chansons ne nous épargne de ces gavants calembours, téléphonés parfois, inattendus pour la plupart, ce qui ne les rend pas pour autant impérissables. "Ses congénères l'ont refroidie, ses congénères crient au génie" Les Villepin qui se croient Ponge ou Rimabud s'ébaubissent sur ce "crient au génie" qu'on apparentera vaguement pour faire un bon mot à "cryogénient" (pour cryogénisent), le jeu de mot étant tellement laborieux que seule une faute de français lui donne un peu de sens. Je sais, dit comme ça, c'est réducteur mais tout est à l'encan, et c'en est parfois un peu trop, n'est pas Bobby Lapointe qui veut
Allez, juste un autre pour la route : "La nuit je mens, je m'en lave les mains." De profundis...

Absence de sens caractérisée, mais quand même pas absence d'histoires. Enfin pas toujours. Saluons quelques efforts de créer une narration cohérente sur davantage qu'une phrase. Une belle se réveillera-t-elle avant 2043 ? Une feignasse patentée saura-t-elle se bouger le derche pour nourrir avec autres denrées que des haricots en boîte + chips sa femme (la future princesse endormie ? on ne le sait, tellement les arcanes obscures de Bashung mènent à toutes interprétations). 
Quelques autres strophes deci-delà cet album ampoulé donnent à suivre dans la médiocrité l'esprit de l'alsacien binaire qui va jusque douter de sa propre mâle sexualité : sont-il (oui, sont-il parce qu'Alain se noussoie en des "sommes-nous" interrogatifs lancés à la cantonade pour quérir réponse à ses désespérances quinquagénaires) sont-il donc une gonzesse ? Je le confirme : c'est non. Il ne faudrait pas faire accroire que la seule raison de ses difficultés identitaires serait un sursaut progestegénique. Typique des machos du rock ça. Pathétique. 

Autre étonnement que nous ne saurions cacher devant le concert de louanges autour de cet album quand même bien calculé : l'avalanche de mélopées synthétiques et de violonnades torrentielles qui écrasent le rock à la base souvent bien torché par Bashung. 
On ne saurait blâmer l'alors chanteur bientôt finissant d'avoir su lire l'extraordinaire potentiel financier (et partant une occasion de relancer sa petite entreprise) de ce type de productions calibrées pour les dépressives foules post-adolescentes au pouvoir d'achat hypertrophié dès lors qu'il s'agit de leur fournir leur dose d'anti-prozac que sont ces musiques à l'émotion exacerbée en vue de générer un malaise permanent, soupes oppressantes entraînant dans un colimaçon irrésistible vers les outretombes où la jeunesse bobo se la joue Chateaubriant et Crowley réunis, oubliant ainsi la frivolité de leur camifienne vie de cadres moyens.
Pourquoi lui jeter la pierre ? Il a des impôts à payer, et Radiohead avait bien réussi son coup peu de temps avant avec son filou
OK Computer, désormais maître étalon de la déficience de dopamine et du suicide musicalement assisté, sur base de mélodies subtilement construites pour emprisonner l'auditeur dans une camisole de mélancolie, et lui priver tout sens du jugement qui lui permettrait de constater la banalité de ces chansonnettes, finalement. 

Avec graves renforts du bassiste de Portishead ou du chichiteux gratteux nouillorquais Marc Ribot, spécialiste des accompagnements des stars les plus péteuses de la planète,
Fantaisie militaire offre ainsi la version béret-baguette de l'album international de musique sérieuse et poétique (ffff et multi-têtes de gondoles Fnuck comme de bien entendu). Ce que nous autres dans notre jargon de p'tits gars normaux appelons "de la musique chiante" (oui, je sais, c'est un peu technique. Les fans de Bashung se reporteront à leur dictionnaire favori). 

Paroles débiles, musique déprimante : c'est à se demander comment tant de journalistes ont réussi à vendre et faire avaler à des centaines de milliers une telle diarrhée aux sonorités pénitencières
 
Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire. 



La note :  Bof...
 

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L'épilogue ? Espérons que non ! Je souhaite qu'il sache avec autant de savantes contorsions que la suivante photo terrasser la saleté de crabe qui lui grignote le dedans d'où est sorti le plus grand album de tous les temps : Fantaisie militaire  
 





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1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 00:00

Abuglubu, abugluba

Abuglubu, abugluba, 
il lui a dit Abuglubu, abugluba, 
il savait c'qu'il voulait. 
Abuglubu, abugluba, 
elle répondit ce sera comme tu voudras. 
Elle était arrangeante. 

Tous les cubains vous raccont'ront cette légende, 
abuglubu, c'est un vieux mot au sens caché, 
abugluba c'est la réponse à c'qu'il demande, 
imaginez c'qu'un amoureux peut demander. 
Pour nous renseigner, 
il faudrait trouver, 
une jeune cubaine qui voudrait nous l'expliquer. 
Car tous les cubains, 
connaissent très bien, 
ce merveilleux refrain 
du bon fiancé moyen. 

Abuglubu, abugluba, 
cela veut dire je t'aimerai, tu m'aimeras. 
ah bon ! 
Abuglubu, abugluba, 
Cette nuit aussi, je t'attendrai, tu m'attendras. 
Ça dit tout ça ? 
Ça dit encore si tu le veux tu s'ras ma femme 
car ces deux mots nous chantent un amour éternel. 
Abuglubu c'est l'Roméo de la Havane, 
Abugluba c'est sa Juliette au cœur de miel. 
Et tous les cubains 
quand ils s'aiment bien,
adorent se donner 
ces deux noms prédestinés. 
C'est pour ça qu'le soir, 
quand ils vont danser, 
sur toutes les musiques 
on les entend s'appeler. 

Abuglubu, abugluba, 
je t'aimerai, je t'aimerai tu m'aimeras. 
Abuglubu, abugluba, 
je t'aimerai, je cèderai, on s'aimera, 
ils ont d'la conversation 
Abuglubu, abugluba, 
je t'aimerai, t'adorerai, on s'mari'ra. 
(où est-ce qu'ils vont chercher tout ça ?) 
et rien jamais ne sépar'ra, 
ne sépar'ra Abuglubu, d'Abugluba. 
Dis tu l'as vu ? quoi ? mon abuglubu, 
mais j'croyais qu'c'était un abugluba. 
C'est la même chose ! Ah bon ! 
Alors au revoir ! 
Non pas au revoir, Abuglubu ! 
Ah oui, c'est ça abugluba !


Abuglubu ? Abugluba ? Quel hurluberlu a inventé cela ? L'air est un peu cul-cul ? Bah : c'est un cha-cha-cha. Les paroles sont un peu neuneu ? Nan nan, elles sont la poésie lorsqu'elles sont chantonnées par un Dédé qui jouait au corniaud pour nous ravir de son charme et de ses mots. Sa pépite de 1960 en duo avec Pierrette Bruno (accompagné par l'orchestre de Jerry Mango) se fait rare sur les autoroutes numériques, où on ne saurait que trop éviter de rouler bourré :



Abuglubu, Abugluba, succès d'une époque lors de la version du doux normand (1960), qui alors déjà s'enfilait avec d'autres perles par les prédecesseurs de Mario Cavallero, dont Norman Paine et son orchestre, responsable ici de la reprise balancée d'Abuglubu, abugluba en cha-cha (que nous autres psychologues scolaires nommons aussi dans notre jargon le "cha-cha-cha") de Paine n'est pas mauvais (mais pas gégène non plus), et Annie Cordy en fit aussi sa version dès 59 un peu foldingo. Tom Novembre dans son bel album hommage à Bourvil (André) en fit une version un peu jazz.

La compile
Surprise partie Abuglubu à la pochette charmante bien qu'un tantinet proto-uhémepienne, enfilait d'autres perles du moment par une floppée de prédecesseurs de Mario Cavallero, dont Norman Paine et son orchestre (artiste Fontana), Pierre Marchal, également avec son orchestre, Aladin, fourbi, pour sa part, non de "et son orchestre" mais de "et ses Joyeux lampistes", l'Ensemble de Peter Moore (la touche jazzy de cette compilation pour une chanson de Mackie qu'on peut danser en fox, c'est à dire en faisant n'importe quoi), le Modern tango sextet et... Mario Fontana et son orchestre. Nos plus fins limiers sont sur la piste sans avoir la confirmation à l'heure d'aujourd'hui, mais, 3 lustres avant que Musidisc n'édite la première compilation Pop Hits, le Hit parade chanté sous la baguette de Mario Cavallero à la tête de son orchestre et de ses chanteurs, la maison Fontana avait débauché une formation, peut-être maison, dirigée par un Mario au nom de famille également Fontana.
 
Bizarre. Bizarre, bizarre.


Au mitan des trente glorieuses, tirant parti de l'explosion des surprises-parties (a.k.a. les "sur-pats") et autres surboums et de la nécessité de s'équiper du contenu comme du contenant, Fontana s'était engagée sur une voix que Sony 20 ans plus tard puis Apple aujourd'hui développeront : offrir la musique et l'outil pour s'en délecter. Le verso de la pochette de compilation pour danser est ainsi une jolie réclame pour les électrophones Fontana, moins performants et adulés que ceux de la lyonnaise firme Teppaz, mais qui se trouvent encore pas trop chers et en état honnête dans les vide-greniers dominicaux.




N'empêche, c'est bien étrange tout cela. Un blaze exotique, un électrophone, des microsillons aux pochettes extatiques : mais qui cela peut-il bien me rappeler ?



Seraient-ce mes sens qui m'ont joué quelque mauvais tour ? De fait, il semblerait que j'aie abusé plus qu'il n'en faut d'eau ferrugineuse.

Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.




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